"On est un fétu de paille dans les airs" : rencontre avec Philippe Buron Pilâtre depuis sa montgolfière

A l'occasion de l'ouverture de la 17e édition du Mondial Air Ballons, le plus grand rassemblement de montgolfières au monde, ce vendredi 23 juillet, dans le Grand Est, son fondateur raconte sa passion, la tête dans les airs mais les pieds sur terre. 

Article rédigé par
Boris Loumagne - franceinfo
Radio France
Publié
Temps de lecture : 2 min.
Philippe Buron Pilâtre, pilote de montgolfière et fondateur du Mondial Air Ballons. (BORIS LOUMAGNE / RADIO FRANCE)

Le Mondial Air Ballons, le plus grand rassemblement de montgolfières au monde débute vendredi 23 juillet à l’aérodrome de Chambley à Metz. Pas moins de 450 pilotes venus du monde entier et 300 000 personnes sont attendues jusqu’au 1er août. Des démonstrations et des baptêmes de l’air sont au programme de l'événement. De quoi faire découvrir au public la pratique de la montgolfière. Le rendez-vous est organisé par Philippe Buron Pilâtre, pilote depuis trente ans. C'est un passionné de mongolfière, une figure du milieu et un véritable personnage. franceinfo a embarqué dans sa nacelle pour une balade dans les airs.

La sensation de voler "comme un oiseau"

Quand les brûleurs de la montgolfière s’allument, il y a toujours cette petite flamme dans les yeux de Philippe Buron Pilâtre. "Pour celles et ceux qui n'ont jamais volé, décrit ce pilote depuis plus de 30 ans. "Il faut vous imaginer que vous êtes sur votre balcon, qu'il se détache et que vous partez à la vitesse et dans la direction du vent, suspendus sous une bulle d'air. C'est magique parce qu'on a l'impression de voler comme un oiseau !"

Le soleil se lève au loin tandis que les champs de blé défilent sous la nacelle et qu'on aperçoit une biche qui s’enfuit. "On observe la nature et on l'entend, explique Philippe Buron Pilâtre. "Les voix montent. Le plus amusant c'est quand on passe au-dessus d'un petit village où les gens se croient tranquilles au bord de la piscine, en train de prendre leur petit-déjeuner et qu'on leur fait coucou."

Le spationaute Jean-François Clairvoie disait : 'Une fois qu'on a vu la Terre depuis l'ISS, on ne peut qu'avoir envie de la protéger.' Et je crois qu'effectivement, quand on pilote une montgolfière, on se rend compte à quel point la nature est belle et doit être sauvegardée.

Philippe Buron Pilâtre, fondateur du Mondial Air Ballons

franceinfo

Toujours dépendant des cieux

Philippe a la tête en l’air avec ses 2 000 heures de vol au compteur, mais il a aussi les pieds sur terre. L’ancien journaliste et professeur organise depuis trente ans le plus grand rassemblement de montgolfières au monde. "C'est un événement qui attire 500 000 personnes, 400 journalistes, et qui génère 30 millions d'euros de retombées économiques pour la Lorraine et pour la région Grand Est. C'est quand même une vie rêvée de pouvoir voler et s'en avoir fait son métier."

Philippe Buron Pilâtre, pilote de montgolfière, en plein vol. (BORIS LOUMAGNE / RADIO FRANCE)

Un métier qu’il transmet d'ailleurs en tant qu’instructeur. Selon lui, la première qualité du pilote est de savoir anticiper, "parce qu'il y a toujours un petit temps entre le moment où vous chauffez et le moment où le ballon va monter. Cela se compte en secondes mais parfois on a l'impression que c'est très long. Il faut donc énormément anticiper, bien connaître l'aérologie, la météorologie, parce qu'on est un fétu de paille dans les airs. Il faut garder en tête qu'on est toujours dépendant des cieux et qu'on n'est qu'invité." 

La nacelle frôle les épis de blé pour un atterrissage en douceur. Cette fois, Philippe a fait bien mieux que lors de son premier vol en 1979, au cours duquel il avait atterri dans un peuplier. Il faut croire que cela ne lui a pas coupé l’envie.

Rencontre avec Philippe Buron Pilâtre, du haut de sa montgolfière - Reportage de Boris Loumagne
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