Mort d'un Français tué par un ours au Canada : "C’est quelqu’un qui puisait dans la nature les sons et dans la solitude l'inspiration pour écrire"

L'administrateur général de l'Orchestre symphonique de Bretagne, dans lequel Julien Gauthier travaillait en résidence, s'est confié sur le jeune homme, tué par un ours le 15 août dernier au Canada.

Un ours au Manitoba, au Canada, le 28 juillet 2019.
Un ours au Manitoba, au Canada, le 28 juillet 2019. (AFP PHOTO /ROYAL CANADIAN MOUNTED POLICE(RCMP)MANITOBA/HANDOUT)

La disparition de Julien Gauthier, tué par un ours au Canada le 15 août dernier, est "un coup de poing dans le ventre", réagit mardi 20 août sur franceinfo Marc Feldman, administrateur général de l'Orchestre symphonique de Bretagne. L'Orchestre de Bretagne accueillait cet homme de 44 ans en résidence. Il travaillait sur un nouveau projet de création symphonique, qui devait être créé lors de la saison 2019-2020. "C’est quelqu’un qui puisait dans la nature les sons et dans la solitude l'inspiration pour écrire", poursuit-il.

C’était quelqu’un très proche de l’orchestre, quelqu’un qui nous a apporté beaucoup, vraiment beaucoup.Marc Feldmanà franceinfo

"À l’orchestre symphonique de Bretagne, on aime bien ce genre d’aventures et de personnages", ajoute Marc Feldman, qui décrit Julien Gauthier comme "quelqu’un de drôle, très sensible et très discret à la fois".

"La dernière œuvre qu’on a créée de Julien s’appelait Ar Gwalarn. Il a écrit tout seul dans le sémaphore [du Créac’h] sur l’île d’Ouessant (Finistère), qui est une résidence d’artistes-auteurs, en janvier. Il était tout seul avec les phoques. Il est allé aussi aux îles Kerguelen, où il n’y avait qu’une soixantaine de chercheurs sur l’île", confie l'administrateur général.

Il voulait aller même plus loin en Antarctique, c’était son rêve. Ce genre de solitude devant la nature l’inspirait pour écrire.Marc Feldmanà franceinfo

Julien Gauthier est mort au Canada tué par un grizzly, au petit matin du 15 août. Il était parti mener un projet artistique avec une amie, Camille Toscani, qui devait prendre des photos et lui des sons. Ils partaient pour une excursion d'un mois en canoë-kayak pour descendre le fleuve Mackenzie, depuis Fort Providence, jusqu'à Inuvik. Leur ambition était de monter une exposition à Paris ou en Île-de-France.