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Mai 68 : l'engagement des soixante-huitards sous le regard de Julie Pagis, dont les parents ont tout lâché "pour élever des chèvres"

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Chargée de recherche au CNRS, Julie Pagis revient sur son parcours ainsi que sur l'un de ses domaines de travail : le militantisme en Mai-68.
Mai-68 : l'engagement des soixante-huitard sous le regard de Julie Pagis Chargée de recherche au CNRS, Julie Pagis revient sur son parcours ainsi que sur l'un de ses domaines de travail : le militantisme en Mai-68. (Francetv Info)
Article rédigé par franceinfo
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Chargée de recherche au CNRS, Julie Pagis revient sur son parcours ainsi que sur l'un de ses domaines de travail : le militantisme en Mai-68.

Une revanche. Fille de "soixante-huitards" devenus agriculteurs néoruraux, Julie Pagis dévoile une partie de son enfance, qui l'a certainement conduite à faire de son parcours de vie un objet de recherche lors de ses longues études. "Mes parents font partie de ceux qui sont partis élever des chèvres au milieu des années 1970, quittant leurs métiers d'ingénieur agronome à Marseille", raconte l'auteure de Mai 68 : Un pavé dans leur histoire. Avant de poursuivre : "À l'école du village, on était taxés d'enfants de hippies, que nos parents étaient des drogués. Ma vengeance par rapport à cette stigmatisation de la marginalité, ça a été l'école."

De l'engagement religieux au militantisme politique

Un passé qui aide à comprendre le champ de recherche de cette spécialiste de la "contre-histoire des anonymes de 68". "Cela donne une image bien différente de celle d'une génération bien reconvertie", argumente-t-elle. En menant l'enquête auprès de 170 familles, Julie Pagis a pu observer que nombre d'entre elles étaient engagées à gauche, mais pas que : "Beaucoup d'enquêtés se sont formés au militantisme religieux par le scoutisme, voire des organisations religieuses d'encadrement de la jeunesse." C'est seulement au moment des années 1960 que va s'opérer une conversion de leurs engagements religieux en un engagement politique. "Notamment via le tiers-mondiste où les engagements antimondialistes", détaille-t-elle.


Une des autres explications courantes à Mai-68 souligne un certain déclassement d'enfants de bourgeois, qui ne trouvant pas de place, deviendrait révolutionnaire. "Au contraire, mon enquête montre un profil inverse. Il y a ceux que j'ai appelés les intellectuels de première génération, premier de leur famille à obtenir le baccalauréat [...] et que cette mobilisation sociale ascendante va être un terreau à des dispositions critiques vis-à-vis de l'ordre universitaire, mais également vis-à-vis de l'ordre social".

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