Choc pétrolier de 1973 : quelles conséquences 40 ans après ?

a revoir

Présenté parDavid Pujadas

Diffusé le 12/03/2014Durée : 00h38

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Il y a 40 ans, la France subissait de plein fouet le 1er choc pétrolier. En subit-on toujours les conséquences ? Y a-t-il encore des répercussions sur le prix du carburant aujourd'hui ? Retour là ou tout à commencé.

C'était l'époque de l'insouciance et de la croissance. 1970, pas de limitation de vitesse sur autoroute, le litre d'essence à 1 franc, la DS dope les ventes de Citroën, le trafic aérien décolle, les usines tournent à plein régime. La consommation de pétrole explose mais la production a du mal à suivre C'est bientôt la fin des 30 Glorieuses. 1973, le 6 octobre, la guerre du Kippour éclate. La Syrie et l'Egypte attaquent Israël pour reconquérir le plateau du Golan. Pour punir ceux qui soutiennent Israël, les principaux pays exportateurs de pétrole décident d'augmenter le prix du baril de 70 % et de réduire la production de 5 % chaque mois. En France, les compteurs de pompe à essence s'emballent. 0,30 cts le litre de super ce 1er janvier 1974. 20 % de hausse en un jour, un coût de massue.

Que pensez de la hausse sur l'essence.

C'est beaucoup.

C'est un abus, c'est scandaleux.

Pour économiser l'essence nous avons décidé de limiter la vitesse à 90 km/h sur toutes les routes de France.

Il y a aussi le changement d'heure, l'interdiction des enseignes lumineuses après 22 H.

En France, on n'a pas de pétrole mais on a des idées.

Aux Pays-Bas aussi, ils ont une idée radicale: circulation interdite le dimanche. Les habitants s'organisent. La Belgique et la Norvège feront pareil. Au-delà des transports, c'est toute l'économie qui s'enraye. Car avec le cours du pétrole, tous les prix grimpent.

Est-ce que les prix ont augmenté.

Oui, des marchands changent les étiquettes dans la journée.

L'industrie est à la peine dans la chimie, le textile. On licencie. Durant toute la décennie 70, la chasse au gaspillage restera une priorité nationale et tout le monde s'y met.

Nous allons tous éteindre en même temps pour mesurer sur le cadran EDF l'économie qu'on peut faire. Si vous êtes prêts, je le suis. 1, 2, 3, éteignons les lumières.

La France parvient bien à réduire sa facture pétrolière, notamment en se convertissant au nucléaire. Une hausse que les économistes relativisent.

Ce qui compte pour savoir le prix réel de quelque chose, c'est combien de temps vous avez travaillé pour vous l'offrir. Et vous vous rendez compte que le prix réel du carburant aujourd'hui est inférieur à ce qu'il était en 1970.

Début 1973, un Français au Smic pouvait se payer 3,7 litres de super avec une heure de salaire. 40 ans plus tard: plus de 6 litres de sans plomb. Le carburant pèse donc moins lourd aujourd'hui dans le budget d'un ménage qu'avant le premier choc pétrolier. Même si les économies des pays industrialisés, elles, ne s'en sont jamais vraiment remises.

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