Cet article date de plus de huit ans.

Changement au gouvernement : du point de vue économique

Publié
Temps de lecture : < 1 min.
Article rédigé par
France Télévisions

D. Pujadas : Bonsoir, François Lenglet. On va parler avec vous de ce que signifie ce changement d'un point de vue économique. Je vous propose d'écouter la dernière intervention publique de Manuel Valls, c'était hier soir, place Beauvau.

Les Français ont dit leur attente de résultats en matière d'emploi et de pouvoir d'achat. Ils ont énoncé une demande accrue de protection, de sécurité, mais aussi et surtout de justice, et de justice sociale. Ce message très clair doit être entendu.

D. Pujadas : Justice sociale, ce sont aussi les termes de François Hollande il y a quelques instants. Qu'incarne Manuel Valls comme ligne économique.

F. Lenglet : C'est celui qui trouve le point d'équilibre entre le marché et l'Etat, ce qui le place plutôt à droite du PS. C'est l'homme des grands mots, il n'hésite pas à dire qu'il faut supprimer l'ISF, les 35 heures. Il dit qu'il faut des OGM.

D. Pujadas : Plutôt iconoclaste. On dit souvent qu'il est social libéral.

F. Lenglet : Oui et non. Ce n'est pas du tout un mondialiste échevelé, c'est aussi l'homme des frontières. Il avait envisagé de voter non au référendum européen. Il est aussi pour une "TVA de protection" qui est au fond une TVA sociale. C'est aussi celui qui a dû surveiller les frontières, en tant que ministre de l'intérieur. On pourrait avoir des surprises de ce point de vue.

D. Pujadas : Pour tous ceux qui nous écoutent, François Hollande a tracé la feuille de route, est-ce qu'il y a du changement à attendre.

F. Lenglet : Il y a deux points: le premier, c'est la politique fiscale. Manuel Valls a l'habitude d'être plus sensible à la question des impôts. On peut penser qu'avec l'avertissement politique cette semaine et cette nomination, l'heure de la stabilité fiscale est vraiment arrivée. Voire de la baisse, comme l'a annoncé François Hollande. Deuxièmement, il y a des choses précises dans l'intervention du Président qui donnent à penser qu'après le scrutin européen, la France sera conduite à renégocier avec Bruxelles les termes de la conduite de la politique économique. De ce point de vue-là, Manuel Valls est probablement l'homme le plus adéquate pour conduire ce virage.

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.