Baccalauréat : il y a "en réalité très peu de couacs" car la procédure "est très sécurisée"

Philippe Tournier, secrétaire général du Syndicat national des personnels de direction de l'Éducation nationale, a réagi, jeudi sur franceinfo, à la fuite en ligne des sujets de philo du bac technologique qui a provoqué le recours aux sujets de secours.

Des lycéens planchent sur le sujet de philosophie, jeudi 15 juin 2017, à Strasbourg. (Photo d\'illustration)
Des lycéens planchent sur le sujet de philosophie, jeudi 15 juin 2017, à Strasbourg. (Photo d'illustration) (FREDERICK FLORIN / AFP)

Des fuites ont perturbé, jeudi 15 juin, le déroulement du début des épreuves du baccalauréat des filières technologiques. Le "couac" a été repéré avant que les élèves ne commencent à travailler. Des sujets de secours ont pu être distribués à temps. Sur franceinfo jeudi soir, Philippe Tournier, secrétaire général du Syndicat national des personnels de direction de l'Éducation nationale (SNPDEN) précise qu'on ne peut pas appeler cela un couac car "on s'en est rendu compte tout de suite". En réalité, "il y a très peu de couacs" car "la procédure est très sécurisée".

franceinfo : Le "couac" de jeudi matin, est-ce l'incident redouté par les personnels de direction ?

Philippe Tournier : On ne peut pas appeler cela un couac. Cela en aurait été un si on ne s'était par rendu compte des fuites. Là, on s'en est rendu compte tout de suite. Il y a des sujets de secours pour toutes les épreuves. C'est un véritable miracle qu'une entreprise gigantesque fonctionne tous les ans. Ce sont des milliers de sujets avec quatre millions de copies. Il y a très peu de couacs en réalité. C'est une performance en soi.

La protection des sujets est-elle compliquée à organiser ?

Ce sont des sujets nationaux qu'il faut mettre dans des enveloppes et faire circuler. Il y a des gens qui voient les sujets et d'autres qui les élaborent. Ces sujets circulent depuis des mois. La procédure est très sécurisée, mais il suffit d'une personne pour que la fuite ait lieu. Le moment de faiblesse est celui de l'impression et de la mise dans des enveloppes scellées. On voit très bien après si elles ont été ouvertes ou non. Il y a forcément un moment de plus grande faiblesse, mais c'est très surveillé.

Est-ce qu'Internet a compliqué l'organisation du bac ?

La forme de nos épreuves prête le flanc à tous les contournements que peut susciter les nouvelles technologies, bien que beaucoup de fraudes soient de bonnes vieilles fraudes manuelles à l'aide d'antisèches. Les pays qui ont voulu lutter contre ce phénomène ont changé le type d'épreuve.

Les brouilleurs de portables sont-ils une des solutions ?

Il n'y a pas de brouilleurs. Malgré nos demandes réitérées, les centres d'examen n'ont pas le droit de brouiller les portables. Les quelques établissements qui avaient voulu le faire ont tout de suite eu les autorités des télécoms qui sont arrivées pour les enjoindre de cesser le brouillage. C'est la loi. Il y a des détecteurs de téléphone portables, mais qui sont assez peu d'utilité. Une fois que vous savez qu'un téléphone est allumé, vous ne pouvez, ni fouiller les élèves, ni interrompre l'épreuve. Vous ne pouvez pas faire grand-chose.

"Malgré nos demandes réitérées, les centres d'examen n'ont pas le droit de brouiller les portables", Philippe Tournier
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