Disparition annoncée du guépard : une menace "tout à fait réelle", selon Amifélins

Le braconnage et le développement de l'activité humaine favorisent fortement la réduction du nombre de guépards sur la planète, a expliqué Catherine Ebbs-Perin, présidente de l’association Amifélins, mercredi sur franceinfo.

Un guépard à la Fondation de conservation du guépard, à Otjiwarango, en Namibie, le 18 février 2016.
Un guépard à la Fondation de conservation du guépard, à Otjiwarango, en Namibie, le 18 février 2016. (GIANLUIGI GUERCIA / AFP)

Une étude de la Société zoologique de Londres, publiée mardi 27 décembre, révèle que le guépard est menacé d'extinction en raison de la réduction de son habitat. Catherine Ebbs-Perin, présidente de l’association Amifélins, a participé à cette étude avec la spécialiste des guépards Laurie Marker. Pour Catherine Ebbs-Perin, mercredi 28 décembre sur franceinfo, voir le guépard disparaître est une menace "tout à fait réelle". L'association tente de défendre cette cause alors que le braconnage et le trafic illégal des guépards sont "évidemment une autre raison, très importante", provoquant sa disparition.

franceinfo : La disparition du guépard est-elle une menace réelle ?

Catherine Ebbs-Perin : Oui. L'Union internationale pour la conservation de la nature [UICN] estime qu'il reste, à présent, environ 7 100 guépards. Il y a quelques années, le docteur Laurie Marker parlait plutôt de 10 000 félins. L'UICN comptabilise seulement les adultes ou les jeunes qui sont autonomes, car 70% à 90% des guépards, qui naissent dans leur milieu naturel, ne passent pas l'âge d'un an en raison de prédateurs plus puissants, et du fait que la mère chasse seule. Elle doit cacher sa progéniture dans les herbes pendant six semaines quand ils ne peuvent pas suivre. Il faut savoir que Laurie Marker espère faire passer les guépards en catégorie "danger d'extinction", et pas seulement "vulnérable". Leur situation est critique dans deux régions. En Iran, ils sont moins de cinquante. Dans la partie nord-ouest de l'Afrique, il n'y en a plus qu'environ 250. Nous sommes aussi très inquiets sur la sous-espèce des guépards du Sahara.

Quelles sont les raisons de ce recul de la population de guépards ?

Il y a une réduction des territoires. De façon mondiale, il y a un développement de l'activité humaine qui se fait au détriment des territoires de la faune sauvage et, par conséquent, du nombre de proies. Nous n'avons plus que des territoires qui sont petits, fragmentés et très séparés les uns des autres. Cela ne favorise pas du tout la rencontre des différentes micro-populations. Il n'est plus possible d'avoir une diversification de leur génétique pour avoir des populations à la fois viables et robustes. Il y a évidemment une autre raison, très importante, qui est le braconnage et le trafic illégal des guépards.

Est-ce une fierté de s'afficher avec un guépard que l'on aurait chassé ?

C'est une tradition très ancienne. Dès les pharaons et les empereurs en Inde, on utilisait les guépards pour la chasse. C'est, effectivement, un marqueur du statut social. C'est encore très vrai dans les pays du Golfe et du Moyen-Orient. Il est de bon ton d'avoir son guépard en laisse dans les rues de Dubaï ou d'Abu Dhabi, de le mettre dans son 4x4 et d'étaler sa fortune ainsi que son statut social. La conséquence est qu'un seul guépard sur six survit au voyage. On prélève énormément de guépards dans leur milieu naturel, parfois en tuant les mères. Si on les tue, il y a beaucoup moins de naissances dans le milieu naturel. La diversité génétique est encore bien plus réduite.Aux Émirats, Ils ne savent pas forcément les nourrir et les soigner correctement. Les guépards ne survivent pas plus de deux ans, alors que leur moyenne de vie est plutôt de treize ou quinze ans.

La disparition du guépard "est une menace tout à fait réelle", Catherine Ebbs-Perin, présidente de l’association Amifélins
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