Le guépard court tout droit vers son extinction, selon une nouvelle étude

Il ne reste plus que 7 100 de ces félins vivant en liberté dans le monde, contre 100 000 au début du XXe siècle.

Un guépard court dans la savane, le 21 janvier 2016 à Masai Mara (Kenya).
Un guépard court dans la savane, le 21 janvier 2016 à Masai Mara (Kenya). (MICHEL & CHRISTINE DENIS-HUOT / BIOSPHOTO / AFP)

Si rien n'est fait, il n'y aura bientôt plus de guépards à l'état sauvage. L'animal terrestre le plus rapide au monde "court tout droit" vers son extinction, selon une étude publiée lundi 26 décembre dans la revue américaine Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS). Moins de 7 100 guépards subsistent actuellement en liberté dans le monde, à 99% en Afrique, n'occupant plus que 9% de la surface qu'ils ont un temps occupé.

Selon de précédentes estimations, non citées dans l'étude menée par la Société zoologique de Londres (ZSL) et l'organisation de défense de l'environnement Wildlife Conservation Society (WCS), la population mondiale de guépards se montait à environ 100 000 individus au début du XXe siècle. "Le guépard (...) pourrait disparaître rapidement à moins que des mesures (...) urgentes ne soient prises", indique la Société zoologique de Londres dans un communiqué.

Victime de l'urbanisation et de la concurrence entre prédateurs

Quant au guépard asiatique, il a déjà quasiment disparu, puisque seuls 43 individus ont été recensés en Iran. Au Zimbabwe, sa population est passée de 1 200 à 170 animaux en seize ans, une chute de 85%. "Nos conclusions (...) sont que l'espèce est bien plus vulnérable à l'extinction que nous le pensions auparavant", explique le Dr Sarah Durant, qui a dirigé l'étude, précisant que le recensement des guépards est rendu difficile par la "nature discrète" de l'espèce.

Considéré comme l'un des plus faibles prédateurs, malgré ses pointes de vitesse à 120 km/h, le guépard a besoin de grands espaces à faible densité de carnivores pour ne pas avoir à subir la concurrence de plus redoutables chasseurs tels que les lions et les léopards. Ainsi, quelque 77% d'entre eux vivent hors des zones protégées, les rendant particulièrement vulnérables vis-à-vis des braconniers et des activités humaines menaçant leur habitat.

En 2014, une étude avait pointé du doigt la responsabilité de l'homme : l'urbanisation, l'édification de barrières et la chasse réduisent son habitat. Les auteurs souhaitent que le guépard passe de la catégorie "espèces vulnérables" sur la liste rouge de l'Union internationale pour la conservation de la nature (IUCN), à "espèces en danger" pour qu'il soit mieux protégé.