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Lapins élevés pour leur fourrure : "Un lapin sur trois meurt avant l'âge de l'abattage", selon L214

Sébastien Arsac, porte-parole de L214, a pointé, mardi sur franceinfo, le rôle de l'Inra dans les conditions d'élevage de lapins utilisés pour leur fourrure alors que l'association qui milite pour le bien-être animal vient de les dévoiler dans une nouvelle vidéo.

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Radio France
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L'association L214 dénonce la fourrure de luxe de lapin dans une nouvelle vidéo, publiée le 18 décembre 2017. (RADIO FRANCE / CAPTURE D'ÉCRAN)

Les conditions d'élevage de lapins, utilisés pour leur fourrure par des marques de luxe, dans trois élevages et un abattoir du sud-ouest de la France ne sont pas "des élevages modèles", a expliqué Sébastien Arsac, mardi 19 décembre sur franceinfo. Le porte-parole de l'association L214, qui milite pour le bien-être animal et l'abolition de la consommation de viande a pointé l'Inra "très engagé dans cette filière". Il estime "qu'un institut public ait investit tant d'argent" en soutien "à une filière de luxe très privée, rajoute à ces conditions choquantes".

franceinfo : Que révèlent les vidéos sur les conditions d'élevage de ces lapins ?

Sébastien Arsac : Le temps qui passe est sûrement très long pour ces animaux à l'intérieur des cages. On y voit des lapins enfermés toute leur vie dans des cages, sur un sol grillagé, avec très peu d'espace. Ces lapins, nés dans ces cages-là, ne verront jamais la lumière parce que les bâtiments n'ont pas de fenêtre. Ils ne fouleront jamais un brin d'herbe et ne verront qu'un rayon de soleil au moment où ils seront conduits à l'abattoir quatre mois et demi plus tard. On dénonce ces conditions d'élevage de lapins élevés à la fois pour leur chair et pour leur fourrure. Le chiffre d'affaire est de 40% pour la viande, 60% pour la fourrure.

Ces vidéos ont été tournées dans trois élevages. Où se situent-ils ?

Ce sont des lapins Orylag, une souche mise au point par l'Institut national de recherche agronomique. C'est une petite filière qui se trouve en Charente-Maritime sur une quinzaine d'élevages. Les trois élevages [de la vidéo] sont assez symboliques. Il y a une éleveuse de la coopérative des éleveurs d'Orylag, le président de la coopérative et un élevage de l'Inra, très engagé dans cette filière. Le président et l'Inra, ce sont deux élevages dont on pourrait s'attendre à ce qu'ils soient des élevages modèles. On voit sur ces images les conditions d'élevages, des lapins blessés et des lapins morts. Un lapin sur trois meurt avant l'âge de l'abattage.

Quelles sont les marques qui utilisent ces fourrures ?

Les peaux qui sont issue de cette filière partent en France pour 60% et en Italie, chez Dior, Fendi, Dolce&Gabbana, donc le groupe LVMH en tête. Le luxe ne doit pas s'affranchir d'un peu d'éthique. On les interpelle pour qu'ils arrêtent de se fournir en fourrure pour la conception de leur collection.

L'Inra, qui fournit la semence aux éleveurs, va cesser cette activité à l'été 2018 et promet de mener une mission d'inspection interne sur son site.

Il devrait être un peu au courant de leurs installations. Ce sont les installations les plus vétustes. Ils vont se désengager. C'est l'enquête qui l'a permis, mais on est dans l'expectative par rapport au rôle de l'Inra. Qu'un institut public ait investit tant d'argent pour venir en soutien à une filière de luxe très privée, qui n'a pas de nécessité alimentaire, c'est quelque chose qui rajoute à ces conditions choquantes.

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