Rapport sur les violences sexuelles dans le patinage : Sarah Abitbol se dit "soulagée" et "fière d'avoir brisé quelque chose d'important"

Au mois de janvier, l'ancienne patineuse avait accusé son entraîneur de viol et d'agression sexuelle poussant d'autres sportives de la discipline à révéler leur propre calvaire. "J'ai hésité, mais aujourd'hui, vraiment, je ne regrette pas."

La patineuse Sarah Abitbol photographiée à Paris, le 29 janvier 2020.
La patineuse Sarah Abitbol photographiée à Paris, le 29 janvier 2020. (CELINE VILLEGAS / HANS LUCAS / AFP)

"On m'entend et on m'écoute. Je suis soulagée. C'est une première étape", a réagi mardi 4 août sur franceinfo l'ancienne patineuse Sarah Abitbol - à l'origine des révélations sur les violences sexuelles dans les sports de glace - quelques heures après la publication du rapport de l'inspection générale de l'éducation, du sport et de la recherche (IGESR). L'instance estime que "plus d'une vingtaine d'entraîneurs" de danse sur glace "seraient mis en cause" dans des affaires de violences sexuelles, physiques ou verbales. L'IGESR estime aussi que l'organisation de la fédération a favorisé "une forme d'omerta".

Une prise de conscience sur la sécurité des enfants

"On peut dire que la honte a changé de camp et aujourd'hui, je peux me regarder dans la glace en étant fière de moi et en disant que j'ai vraiment brisé quelque chose de très important, confie Sarah Abitbol. 

Beaucoup de parents me félicitent. Il fallait le faire. J'ai hésité, mais aujourd'hui, vraiment, je ne regrette pas.Sarah Abitbolà franceinfo

"Le résultat est qu'il y a 20 agresseurs et donc, à mon avis, de nombreuses victimes. Et c'est ça, surtout qui me rend triste, poursuit l'ancienne patineuse. Mais j'ai réussi à parler, à briser le silence. C'était pour sauver des futures victimes potentielles et pour qu'il y ait une vraie prise de conscience. Et cette prise conscience a été prise à la fois par le ministère [des Sports] et puis par la nouvelle présidente de la Fédération [Nathalie Péchalat] qui travaille contre les violences sexuelles. Je suis ravie de la tournure que ça prend."

Sarah Abitbol estime toutefois que "le risque zéro n'existe pas". "Ça peut encore arriver, mais je pense qu'il y a une vraie prise de conscience sur la sécurité des enfants et il faut arriver à redonner confiance aux parents parce que le but, c'est de voir l'évolution et d'être positif."