Violences sexuelles dans le patinage

Le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire pour viols et agressions sexuelles sur mineurs après les révélations de Sarah Abitbol, a-t-il annoncé mardi 4 février. Dans le livre Un si long silence, l'ancienne patineuse accuse son entraîneur Gilles Beyer de l'avoir agressée sexuellement entre 1990 et 1992. Ce dernier a concédé des "relations intimes" et "inappropriées".

Durant un stage de 8 semaines, en 1990, à La-Roche-sur-Yon, alors âgée de 15 ans, Sarah Abitbol écrit dans un carnet des dates, et des lettres. "P + T", "S + C" pour "peloter", "toucher", "sucer" ou "coucher". "Il profitait de venir dans la nuit avec sa lampe-torche et il me réveillait. C'était un cauchemar", a-t-elle raconté.

Des révélations qui ont suscité un véritable séisme au sein du sport français. "Un dysfonctionnement général existe au sein de la Fédération française des sports de glace", a déclaré la ministre des Sports. Roxana Maracineanu a demandé, lundi 3 février, à Didier Gailhaguet de démissionner de son poste de président de la fédération, après les témoignages de plusieurs anciennes patineuses, relayés par la presse, sur l'ampleur des violences sexuelles dans le milieu du patinage artistique.

Evoquant "des faits d'une gravité exceptionnelle", la ministre a estimé que Didier Gailhaguet ne pouvait "se dédouaner de sa responsabilité morale et personnelle". "Le nombre de faits et leur étalement dans le temps illustrent qu'au-delà des personnes citées, un dysfonctionnement général existe au sein de la Fédération française des sports de glace", a tranché la ministre, à l'issue de son entretien avec le dirigeant.

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