Violences sexistes et sexuelles : "Les politiques publiques mises en place sont seulement des stratégies de communication", estime le collectif #NousToutes

Des marches contre les violences sexistes et sexuelles faites aux femmes sont organisées samedi 20 novembre partout en France. Le collectif #NousToutes ainsi que de nombreuses associations appellent à la mobilisation. 

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Radio France
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Une marche féministe à l'initiative du collectif Nous toutes le 25 juin 2021. (VINCENT ISORE / MAXPPP)

"Les politiques publiques mises en place sont seulement des stratégies de communication", a estimé samedi 20 novembre sur franceinfo Marylie Breuil, membre du collectif #NousToutes, alors que des marches contre les violences sexistes et sexuelles sont organisées dans toute la France à l'appel d'une soixantaine de syndicats, de partis politiques et d'association dont le collectif #NousToutes.

franceinfo : Qu'attendez-vous de ces marches ?

Marylie Breuil : On manifeste pour dire stop aux violences sexistes et sexuelles. On attend de pouvoir crier notre colère, de dire à quel point on en a marre et de créer un rapport de force avec le gouvernement qui met en place des politiques publiques qui sont totalement en décalage avec la réalité des violences.

Quel est votre constat concernant l'action du gouvernement ?

Le gouvernement a fait des violences faites aux femmes la grande cause du quinquennat. En revanche, ce qu'on voit c'est que les politiques publiques qui sont mises en place pour lutter contre les violences sexistes et sexuelles sont seulement des stratégies de communication et pas de réelles politiques publiques. Le problème n'est pas de mettre en place des lois mais de mettre en place des lois qui luttent réellement contre ces violences.

Les 90 000 policiers et gendarmes formés pour traiter les plaintes des victimes, cela ne sert à rien ?

C'est du vent. C'est une bonne chose de former les policiers, mais il faut savoir qu'à l'heure actuelle seulement 35% des forces de l'ordre l'ont reçue. Cette formation dure, pour certains, trois heures dont deux heures de visionnage d'un film. Nous n'appelons pas ça une formation. On l'a bien vu sur les réseaux sociaux ces derniers temps, il y a des milliers de témoignages qui affluent et qui font état d'une mauvaise prise en charge des victimes de violences sexuelles par les forces de l'ordre. Une victime de viol ou d'agressions sexuelles, lorsqu'elle se déplace au commissariat pour déposer plainte va voir ses propos décrédibiliser, elle va être culpabilisée.

Quels moyens souhaitez-vous ?

On a un gouvernement qui met 360 millions d'euros pour lutter contre les violences alors que nous demandons un milliard d'euros. C'est un chiffre qui sort du Haut conseil à l'égalité entre les hommes et les femmes qui préconise que pour lutter efficacement contre les violences sexiste et sexuelle en France il faudrait un milliard d'euros. Cela servirait à éduquer les plus jeunes, à former les professionnels qui accueillent les victimes et à faire des campagnes de prévention contre les violences. On a des politiques publiques qui sont répressives et qui viennent une fois que les violences ont été commises. Nous, on demande des politiques publiques préventives qui permettraient d'opérer un réel changement dans la société.

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