La lycéenne qui a interpellé Emmanuel Macron interrogée par les gendarmes : "Si elle a le sentiment d'avoir été menacée, c'est une erreur", admet Christophe Castaner

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La jeune fille qui avait apostrophé le président de la République sur "les hommes accusés de viol et de violences" dans son gouvernement a reçu la visite des gendarmes du Tarn à son lycée. Une visite qu'elle a vécu comme une "intimidation".

"Si sa perception - je ne dis pas que c'est la réalité - est qu'on aurait voulu l'intimider, c'est une erreur. C'est même une faute", a concédé lundi 13 juin sur franceinfo Christophe Castaner, président du groupe La République en marche (LREM) à l'Assemblée nationale, à propos de la lycéenne du Tarn qui a interpellé Emmanuel Macron sur des ministres "accusés de viol" et qui, le lendemain, a été interrogée par les gendarmes. 

Jeudi 9 juin, lors d'un déplacement du président de la République à Gaillac (Tarn), Laura, une lycéenne de 18 ans, a apostrophé le chef de l'État. "Vous mettez à la tête de l'État des hommes qui sont accusés de viol et de violences pour les femmes. Pourquoi ?", a-t-elle lancé à Emmanuel Macron, en référence au ministres de l'Intérieur, Gérald Darmanin, et au ministre des Solidarités, Damien Abad, tous deux accusés de viols. Une séquence très relayée sur les réseaux sociaux avec le hastag #laquestiondelaura. La jeune femme affirme que des gendarmes se sont rendus le lendemain dans son lycée, la faisant sortir de sa salle de classe en plein cours pour un "entretien", qu'elle a vécu comme une "intimidation". Elle explique que la conversation a rapidement porté sur ses propos de la veille, une gendarme lui disant que ce "n'était pas à faire". 

"En aucun cas ce n'était une pression sur elle"

Christophe Castaner rappelle que les gendarmes du Tarn "se sont excusés" pour cette démarche qualifiée de "maladroite", dans un communiqué publié dans la nuit de vendredi à samedi sur les réseaux sociaux. Ils affirment avoir voulu entendre la jeune femme sur une agression sexuelle qu'elle a dit avoir subie, "pour lui proposer de recueillir une éventuelle plainte", selon les mots du communiqué.

Le président du groupe LREM à l'Assemblée nationale estime que cette jeune femme est "légitime" pour interpeller Emmanuel Macron et que "sa perception est importante" surtout après "le choc" d'avoir apostrophé le président de la République. "Si elle a le sentiment d'avoir été presque menacée, en cela, c'est une erreur", dit-il.

Christophe Castaner plaide aussi pour une "maladresse" des gendarmes, "mais en aucun cas ce n'était une pression sur elle. Ça, j'en suis convaincu". "Je connais suffisamment les gendarmes de notre pays pour savoir que ce n'est pas leur culture", a-t-il ajouté, saluant "des hommes et des femmes engagés". Christophe Castaner admet que "si cette jeune fille a eu un sentiment de pression, je comprends que c'est insupportable". Il ajoute : "Quand j'ai vu cette jeune fille, j'ai pensé à la mienne."

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