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Femme tuée par son ex-conjoint malgré le "Téléphone grand danger" : "Un cas tout à fait unique. Le dispositif n'a pas dysfonctionné"

Ernestine Ronai, responsable de l'Observatoire départemental de Seine-Saint-Denis des violences envers les femmes

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Radio France
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Le "téléphone grand danger" offre une protection pour les femmes victimes de violences conjugales. (ANNE-CÉCILE JUILLET / MAXPPP)

Après la mort en Alsace lundi d'une mère de famille tuée par son ex-compagnon alors qu'elle avait activé son "Téléphone grand danger", Ernestine Ronai, responsable de l'Observatoire départemental de Seine-Saint-Denis des violences envers les femmes, a regretté, vendredi 29 juin sur franceinfo, "un cas tout à fait unique".

Ernestine Ronai, qui a œuvré pour la mise en place de ce téléphone spécial, a souligné que "le dispositif n'a pas dysfonctionné, chaque personne a fait ce qu'elle devait faire". "Le dispositif a sauvé des vies dans toute la France, nous le savons", a-t-elle rappelé précisant qu'en Seine-Saint-Denis, "douze femmes sur les 273 qui disposaient du dispositif ont été attaquées. Aucune n'est morte".

franceinfo : Les gendarmes sont intervenus rapidement après l'utilisation du téléphone, en seulement sept minutes, mais c'était déjà trop tard. Cette fois, le "Téléphone grand danger" n'a pas pu sauver la vie de cette mère de famille.

Ernestine Ronai : C'est un cas tout à fait unique. Le dispositif n'a pas dysfonctionné, chaque personne a fait ce qu'elle devait faire. La dame a téléphoné, Mondial Assistance a bien fait venir l'équipage, la police est venue. C'est l'agresseur qui avait son projet de tuer la dame et évidemment, c'est lui qui est responsable de la mort et absolument pas le dispositif qui aurait dysfonctionné. Lui avait un projet précis : prendre de vitesse la dame et la tuer. Malheureusement, il a réussi. Maintenant, comme me disait une procureure, ça n'est pas une armure. Et donc, évidemment, s'il attaque la dame par surprise et qu'il vise juste, ça ne peut pas sauver la vie. Mais ça a déjà sauvé des vies en Seine-Saint-Denis et notamment une dame qui avait été agressée avec une carabine. Les secours sont arrivés et elle a été sauvée.

D'autres vies ont-elles été sauvées grâce à ce dispositif ?

Le dispositif a sauvé des vies dans toute la France, nous le savons. En Seine-Saint-Denis, nous savons par exemple que douze femmes sur les 273 qui disposaient du dispositif ont été attaquées. Aucune n'est morte et à chaque fois qu'il y a un appel de danger vers la police, les policiers arrivent dans tous les cas. C'est un dispositif extrêmement efficace, qui permet aussi d'interpeller des agresseurs, ce qui n'est pas rien. Un dispositif qui crée aussi une culture de la dangerosité des hommes violents dans la juridiction, ce qui est très important. Tout le monde essaie de repérer l'homme très violent, afin de permettre de sauver la femme et de lui remettre le téléphone "grave danger". C'est un dispositif technologique, mais autour duquel les professionnels se mettent ensemble pour sécuriser de manière pérenne la situation de la dame. La dame veut sortir des violences, et les professionnels du comité de pilotage qui entourent ce dispositif vont l'aider au niveau judiciaire, du logement, de la prise en charge médicale.

Ce téléphone "grand danger" a pour objectif de sécuriser les femmes dans la vie en général ?

Il y a des dames qui ne sortaient plus de chez elle, tellement elles avaient peur de leur agresseur et qui vont même jusqu'à aller aux poubelles avec ce téléphone dans leur poche. Elles peuvent sortir grâce à ce téléphone qui va les sécuriser parce qu'elles savent que s'il y a un danger, la police viendra et les sauvera. Donc oui, c'est très important pour les femmes et c'est important pour les professionnels qui les entourent, parce que derrière, il va y avoir une attention particulière pour ces femmes, pour les aider à sortir de manière définitive des violences.

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