Violences faites aux femmes : ce qu'il faut retenir des mesures annoncées par Emmanuel Macron

Le président de la République, Emmanuel Macron, a fait une série d'annonces lors de son discours pour la Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes.

Le président de la République, Emmanuel Macron, le 25 novembre 2017 à l\'Elysée.
Le président de la République, Emmanuel Macron, le 25 novembre 2017 à l'Elysée. (LUDOVIC MARIN / AFP)
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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

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"La France ne doit plus être un de ces pays où les femmes ont peur." Dans un discours prononcé à l'occasion de la Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, Emmanuel Macron a fait une série d'annonces qui font partie d'"un grand plan d'action, mené sur tout le quinquennat". Franceinfo vous résume son intervention.

La "grande cause du quinquennat"

Emmanuel Macron a déclaré l'égalité entre les femmes et les hommes "grande cause du quinquennat". "C'est notre société entière qui est malade du sexisme", a déclaré le président de la République, détaillant ses "trois priorités" pour les cinq prochaines années : "l'éducation et le combat culturel en faveur de l'égalité", un "meilleur accompagnement des victimes" et un "renforcement de l'arsenal répressif".

Des augmentations budgétaires

Le président a promis que le budget alloué à la lutte contre les violences faites aux femmes "atteindra son plus haut niveau jamais connu en 2018". Ce budget augmentera de 13%, tandis que celui pour l'égalité homme-femme sera porté à 420 millions d'euros en 2018.

La création d'un délit d'outrage sexiste

Un nouveau délit "d'outrage sexiste" va être créé, avec à la clé "une amende dissuasive". "Il est indispensable que nous donnions aux forces de sécurité le moyen de donner un signal fort", a justifié le président. Ce délit sera une des priorités de la future police du proximité, a-t-il ajouté, déclarant que "les femmes ne peuvent pas en République avoir peur de sortir" et que "la rue ne peut pas être leur enfer quotidien".

Un débat sur l'âge du consentement

Emmanuel Macron est revenu sur l'acquittement d'un homme poursuivi pour le viol d'un enfant de 11 ans, un fait-divers qui a relancé le débat sur l'âge du consentement. S'il a dit vouloir laisser la concertation lancée par la ministre de la Justice aller à son terme, le président s'est dit favorable à ce que l'âge du consentement minimum soit porté à 15 ans, âge de la majorité sexuelle.

"J'ai une conviction personnelle que je veux vous partager : nous devons aligner l'âge de consentement sur celui de la majorité sexuelle à 15 ans, par souci de cohérence et de protection des mineurs", a déclaré Emmanuel Macron. Le sujet devrait être débattu en 2018 dans le cadre d'un projet de loi contre "les violences sexuelles et sexistes".

Un allongement de la prescription

Le président de la République a également annoncé que le délai de prescription pour les crimes sexuels sur mineurs serait porté de 20 à 30 ans. "Le temps nécessaire à la parole épuise trop souvent le délai de prescription...", a justifié Emmanuel Macron.

La création d'unités hospitalières dédiées

Face à l'"effet dévastateur" des violences subies par les femmes, Emmanuel Macron a annoncé la création "dès 2018", dans les centres hospitaliers, "d'unités spécialisées" dans la prise en charge psychotraumatique des femmes victimes de violences, avec 10 unités prévues dans les "mois qui viennent" en France métropolitaine "à titre pilote". Et le président d'assurer que "les soins psychotraumatiques (...) pourront être pris en charge par la Sécurité sociale".

Des pouvoirs élargis pour le CSA

Emmanuel Macron a souhaité "étendre les pouvoirs du CSA" en 2018 pour qu'il régule aussi les vidéos sur internet ou encore les jeux vidéo pour lutter contre "les contenus qui peuvent fragiliser ou conduire à la violence contre les femmes". Evoquant notamment la pornographie sur internet, il a dit qu'"en 2018, nous devons repenser le cadre de notre régulation des contenus, en particulier les contenus audiovisuels en prenant en compte l'évolution du numérique et afin d'étendre les pouvoirs de régulation du Conseil supérieur de l'audiovisuel". Il a aussi annoncé pour 2018 des "modifications législatives" pour "poursuivre ceux qui agissent sur internet pour harceler".

Un module contre le sexisme et le harcèlement dans toutes les écoles

Emmanuel Macron a également annoncé la mise en place, dès 2018, d'un "module d'enseignement" dans toutes les écoles du service public consacré "à la prévention et à la lutte contre le sexisme, le harcèlement et les violences" faites aux femmes. "Dès 2018, un grand plan de formation initiale et continue sera déployé dans le secteur public, avec une attention particulière portée sur la formation des cadres", a-t-il ajouté.