Affaire PPDA : les accusations s'accumulent contre l'ancien présentateur, un nouvel espoir pour les victimes présumées ?

Publié
Justice : les accusations s'accumulent contre Patrick Poivre d'Arvor, un nouvel espoir pour les victimes présumées ?
Article rédigé par
L. Nahon, F. Blevis, G. Vaudry - France 3
France Télévisions

Une trentaine de femmes accusent Patrick Poivre d'Arvor de viols et d'agressions sexuelles. La très grande majorité des plaintes a été classée sans suite, pour cause de prescription. La justice a toutefois décidé de poursuivre les investigations pour un dossier, un espoir pour les victimes présumées. 

Bénédicte Martin, écrivaine, dit avoir été victime il y a 19 ans d'une agression sexuelle de la part de Patrick Poivre d'Arvor (PPDA). En 2003, il l'aurait invitée à assister au journal télévisé du 20 Heures. Après le JT, la jeune femme, alors âgée de 25 ans, aurait été conduite dans le bureau du présentateur. Une fois seule, il l'aurait ensuite "saisie par derrière", en l'attrapant par la gorge, avant de l'embrasser et de tenter de "baisser [s]a culotte". La jeune femme a porté plainte durant le mois de septembre. 

Depuis un an et demi, les accusations s'accumulent contre PPDA : 30 femmes ont témoigné devant la police, et 18 ont porté plainte. Huit d'entre elles l'accusent de viol. La plupart des plaintes ont été classées sans suite, car les faits sont prescrits. "On est à 90 témoignages de victimes de PPDA, seulement PPDA", assure de son côté Emmanuelle Dancourt, présidente de l'association #metoomedia, qui dénonce un "rapport de force complètement disproportionné". 

Un espoir pour les victimes présumées

Les victimes présumées s'accrochent à un nouvel espoir : l'écrivaine Florence Porcel, première victime de PPDA, a obtenu une victoire durant l'été après avoir dénoncé deux viols, l'un prescrit et l'autre non. La cour d'appel de Versailles (Yvelines) a estimé que la justice devait enquêter sur les faits même prescrits, en raison de la règle de sérialité. Elle repose toutefois sur plusieurs conditions : dénoncer le même agresseur, que la nature des victimes soit similaire, ainsi que le mode opératoire, indique Aurélien Martini, vice-procureur du tribunal de Melun (Seine-et-Marne) et membre de l'Union syndicale des magistrats. Les avocats de PPDA n'ont pas donné suite aux demandes de France Télévisions. L'ancien présentateur a toujours nié en bloc les accusations. 

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.