Affaire Benoît Simian : la députée LFI Clémentine Autain "souhaite que le président de l'Assemblée sorte de son silence et de sa complicité coupable"

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Le bureau de l'Assemblée nationale a refusé de lever l'immunité parlementaire du député de Gironde, renvoyé devant le tribunal correctionnel pour harcèlement sur son ex-compagne. L'élue insoumise demande des explications à Richard Ferrand. 

"Je souhaite que le président de l'Assemblée nationale sorte de son silence et de sa complicité coupable", lance samedi 8 janvier sur franceinfo la députée La France Insoumise Clémentine Autain. Elle dénonce le refus de l'Assemblée nationale de lever l'immunité parlementaire du député de Gironde Benoît Simian (Libertés et Territoires, ex-LREM), renvoyé devant le tribunal correctionnel de Bordeaux pour harcèlement sur son ex-compagne.

"Les magistrats ont demandé à l'Assemblée nationale de statuer pour lever son immunité parlementaire. Je siégais au bureau de l'Assemblée quand la décision a été prise, en catimini, avec un ordre du jour où ça n'était pas clair. J'ai vraiment eu l'impression de me faire avoir par le président de l'Assemblée nationale et l'ensemble du bureau", dénonce Clémentine Autain.

Il ne peut pas être mis en garde à vue

En décembre 2020, le bureau de l'Assemblée nationale a rejeté la demande de levée d'immunité formulée par le parquet de Bordeaux, estimant que Benoît Simian avait "toujours déféré" aux convocations de la justice et aux auditions libres. "Il répond à ses convocations" poursuit la députée, "mais il ne peut pas être mis en garde à vue. Or, on sait très bien qu'avec ces affaires là, une garde à vue est un moment important pour intimider et faire en sorte que l'homme n'aille pas plus loin."

"L'immunité parlementaire n'est pas faite pour protéger des hommes qui violentent leur femme."

Clémentine Autain, députée La France Insoumise

à franceinfo

"Je souhaite que le président de l'Assemblée nationale sorte de son silence et de sa complicité coupable. Quand j'ai exprimé ces propos à l'Assemblée, il y a eu un silence glaçant, je n'ai vu personne prendre fait et cause pour dire que c'est inadmissible, au moment même où nous disions que ces violences sont insupportables", lance la députée. "A un moment donné, le président de l'Assemblée nationale doit taper du poing sur la table."

Contactée par franceinfo, la présidence de l'Assemblée nationale explique que "le rapport de Annie Genevard présenté au Bureau ne comportait aucun élément attestant d'un travail judiciaire ou policier entravé, qui aurait justifié une levée d'immunité.

"Clémentine Autain n'a d'ailleurs jugé utile ni d'exercer sa faculté de lecture du rapport avant la réunion du bureau ni de réagir à la lecture du rapport de Mme Genevard comme il a été proposé pendant la réunion, ni de voter contre.

"La justice suit son cours en toute liberté aujourd'hui comme hier. Le Président [de l'Assemblée nationale Richard Ferrand] suit le dossier".

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