Témoignage Saint-Brevin-les-Pins : "J'aurais aimé aller au bout", confie le maire démissionnaire qui regrette un "gâchis"

Yannick Morez a quitté ses fonctions de maire de Saint-Brevin-les-Pins, en Loire-Atlantique mercredi 10 mai, après plusieurs agressions.
Article rédigé par franceinfo
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Yannick Morez, maire démissionnaire de Saint-Brevin-les-Pins (Loire-Atlantique) le 12 mai 2023 (MARC ROGER / MAXPPP)

"On ne voulait plus subir", lance samedi 13 mai sur France Inter Yannick Morez, trois jours après avoir annoncé quitter ses fonctions de maire de Saint-Brevin-les-Pins en Loire-Atlantique. En mars dernier, en pleine nuit, ses deux véhicules ont été brûlés et le feu s'est propagé à la façade de sa maison. À l'origine de cette haine initiée par l'extrême-droite : un projet d'extension d'un centre d'accueil de demandeurs d'asile déjà implanté sur la commune.

Cette décision est "mûrement réfléchie", affirme Yannick Morez qui souligne avoir été agressé verbalement encore le week-end précédent, alors qu'il était attablé en terrasse avec sa famille. "On me reprochait de faire venir des migrants sur la commune de Saint-Brevin et c'est tout juste si en repartant, il ne m'accusait pas d'avoir mis moi-même le feu à mes véhicules et à ma maison. On ne veut plus subir ce genre d'agression, même verbale", relate l'ancien élu qui quitte également la commune, son logement et met fin à son activité professionnelle.

Élu en 2008, Yannick Morez reconnaît qu'être maire "était un petit peu comme un rêve". Un engagement qu'il "ne regrette absolument pas". "C'est quelque chose d'important, qui fait plaisir quand on voit tout ce qu'on peut faire au niveau de la commune", détaille-t-il. "Une super fonction" qui permet "d'essayer d'envisager l'avenir". "Ça se termine mal, c'est dommage, c'est un petit peu un gâchis, j'aurais aimé aller au bout", lâche Yannick Morez.

"De plus en plus d'agressions, de moins en moins de soutiens"

Le maire démissionnaire dénonce le manque de soutien de l'État et l'absence de communication envers les élus. "Je m'aperçois qu'en fait au niveau national, c’est-à-dire tous mes collègues élus et maires, ressentent exactement la même chose", remarque-t-il incitant à améliorer les relations entre les maires et les préfets notamment. "On a l'impression qu'il y a deux mondes qui s'opposent", regrette-t-il.

Au fil des années, Yannick Morez a pu constater qu'il était de plus en plus compliqué d'assurer le mandat de maire avec des contraintes de plus en plus importantes, "au niveau réglementaire" et "des soutiens financiers de moins en moins importants". Face à lui également, une montée des violences et des extrêmes. "Et ça fait peur", admet-il. Selon lui, le rôle des maires "a perdu de son aura" alors qu'ils "sont en première ligne" en défendant sur le terrain la politique de l'État. "On se prend des agressions verbales, dans certains cas même physiques. On s'aperçoit que les agressions envers les élus augmentent." Une haine amplifiée par l'apparition des réseaux sociaux, déplore Yannick Morez.

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