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La Suisse se prononce sur l'entrée du vélo dans sa Constitution, "pour qu'il soit vraiment considéré comme un outil de mobilité prioritaire"

Si le "oui" l'emporte dimanche, les pistes cyclables seront traitées sur un pied d'égalité avec les chemins pédestres, et la Confédération pourra cordonner le réseau cyclable partout en Suisse.

Article rédigé par
Jérémie Lanche - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Un cycliste dans les rues de Zurich, en Suisse. (illustration) (CHRISTIAN BEUTLER / MAXPPP)

On vote en Suisse dimanche 23 septembre. Plus de cinq millions d'électeurs sont appelés aux urnes pour dire s'ils veulent bien faire rentrer le vélo dans la Constitution. Si le "oui" l'emporte, Berne aura son mot à dire sur la création ou la suppression de n'importe quelle piste cyclable dans le pays. L'article 88 de la constitution précisera alors que la Confédération "fixe les principes applicables aux réseaux de chemins et de sentiers pédestres et aux réseaux de voies cyclables" : les cantons, villes et communes ne seront plus seuls à planifier, aménager et gérer ces réseaux.

Le "oui" donné gagnant à 60%

Les partisans du texte espèrent donner un sérieux coup de pouce à la mobilité douce. Les opposants, eux, se font plus rares : les derniers sondages donnent le "oui" gagnant à près de 60%, au grand dam de l'Union démocratique du centre (UDC). Le grand parti populiste de droite est le seul à s'opposer à l'entrée du vélo dans la Constitution.

 "Nous ne sommes évidemment pas contre le vélo, mais nous refusons de céder à des ayatollahs de la mobilité douce qui sont entrés en véritable guérilla contre la voiture, explique Eric Bertinat, le secrétaire général de l'UDC à Genève. C'est aller vers un certains centralisme que d'inclure les voies dans la Constitution. Pour l'instant, elles n'ont rien à y faire."

Une mesure soutenue par les associations d'automobilistes

L'utilisation de la voiture pose pourtant question. Des villes comme Genève et Lausanne sont de plus en plus asphyxiées par un trafic en constante augmentation. Les partisans du texte sont donc nombreux. De la droite libérale à la gauche, en passant par la ligue contre le cancer et même... les associations d'automobilistes.

"Le fait de pouvoir effectuer un transfert modal envers le vélo est une solution qui permet d'améliorer d'une part la sécurité routière, et d'autre part la fluidité pour l'ensemble des usagers", estime Henri-Pierre Galetti, le directeur de la section genevoise du Touring Club Suisse.

L'exemple des pays d'Europe du Nord

Avec davantage de pistes cyclables, moins d'accidents et un trafic automobile plus fluide, les retombées espérées de l'entrée du vélo dans la Constitution ne sont pas que symboliques. La suite, Alfonso Gomez, le président de l'association Pro vélo Genève, l'imagine très bien : "On espère que ça fera tache d'huile, de la même manière que les politiques menées en Europe du Nord ont fait tache d'huile chez nous. Les commissions de nos conseils municipaux ou cantonaux vont régulièrement voir comment des villes comme Copenhague ont fait pour que le vélo soit vraiment considéré comme un outil de mobilité prioritaire, et pas la cinquième roue du carrosse."

Comme en écho au vélo, les Suisses votent dimanche sur deux autres sujets liés à l'environnement : deux propositions pour renforcer la souveraineté alimentaire du pays et donner la priorité aux aliments équitables.

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