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Télétravail au volant : "En général, ils se mettent sur la voie du milieu et roulent doucement, en zigzaguant"

Depuis que le télétravail s'est démocratisé pendant la crise sanitaire, certains automobilistes n'hésitent pas à prendre le risque de suivre une visioconférnce tiout en conduisant. La Société des autoroutes du nord et de l’est de la France (Sanef) lance une campagne de prévention.

Article rédigé par France Info - Valentin Plat
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min
L’usage d’un téléphone tenu en main en conduisant est interdit, tout comme, depuis le 1er juillet 2015, le port à l’oreille de tout dispositif susceptible d’émettre du son par le conducteur d’un véhicule en circulation. (LUC NOBOUT / MAXPPP)

Selon une récente étude de la société des autoroutes du nord et de l’est de la France (Sanef), 73% des télétravailleurs utilisent leur téléphone en conduisant et 10% des télétravailleurs réguliers participeraient parfois à une visioconférence au volant. L'entreprise a donc lancé une campagne de publicité à la radio et mis en place des messages de prévention sur des panneaux lumineux pour inciter les conducteurs à ne pas prendre leur smartphone pendant la conduite.

Répondre à des appels, des mails, des SMS ou être en visioconférence tout en roulant, c'est ce que Milan, 22 ans, reconnaît faire assez souvent. La pression de son travail et de ses patrons le pousse régulièrement à adopter des gestes dangereux, dit-il. "Je dois parfois appeler mes clients pour des messages importants, ou quand le patron appelle, on est obligé de décrocher", se justifie-t-il. Julie rentre justement du travail, et s'arrête dans une aire de repos pour passer un coup de fil. Elle se souvient d'une réunion en visioconférence, avec un des participants légèrement distrait. "La personne était au volant, c'était notre manager en plus, donc ce n'était pas forcément à nous de lui dire quoi faire", explique-t-elle. 

"Il suffit que devant ça freine et ça peut être catastrophique"

Des conducteurs avec le téléphone à la main, Laurent Barzac, patrouilleur pour la Sanef depuis plus de 30 ans, en compte aujourd'hui des dizaines chaque jour.  Des comportements qu'il détecte en un coup d'œil : "En général, ils se mettent sur la voie du milieu, ils roulent doucement, en zigzaguant. Et quand on les double, on voit qu'ils sont au téléphone."

Laurent sillonne les autoroutes avec son camion pour assurer la sécurité des usagers. Quelques minutes après le début de sa tournée, il remarque un premier imprudent. "On le voit, il est à cheval entre deux voies, il ne met pas de clignotant. Il suffit que devant ça freine et ça peut être catastrophique", prévient-il. Alors le patrouilleur tente de prévenir le conducteur de son mauvais comportement. "Des fois on les double en mettant un petit coup de klaxonne pour essayer de leur faire comprendre", raconte-t-il.

"Des fois, certains cachent leur téléphone. On va parfois avoir un doigt d'honneur. C'est pourtant pour leur sécurité, mais eux se disent : 'on fait ce qu'on veut'".

Laurent Barzac, patrouilleur autoroutier

à franceinfo

Jean-Paul, chauffeur poids lourds depuis une vingtaine d'années, se dit exaspéré par ces salariés qui télétravaillent sur la route : "Si les gens sont assez bêtes pour faire des visios quand ils roulent, s'ils ne se rendent pas compte de ce qui se passe sur les routes pour faire des choses pareilles, à un moment donné... On appelle ça de l'éducation." Utiliser son téléphone au volant multiplie par trois le risque d'accident. Mais cela peut aussi coûter cher en cas de contrôle routier. Comptez 135 euros d'amende et trois points en moins sur le permis de conduire. Un permis qui sera automatiquement retenu si vous cumulez le téléphone au volant avec une autre infraction.

Télétravail et téléphone au volant - un reportage de Valentin Plat.

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