Sécurité routière : "les Français de plus en plus déconnectés de la route", constate la Fondation Vinci Autoroutes

Les Français sont de plus en plus "connectés à leur téléphone, à leur smartphone, à leur GPS" et perdent l'attention "indispensable" à la route, alerte Bernadette Moreau.

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Radio France
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Des voitures circulent sur la route nationale N7 entre Gervans et Valence. Photo d'illustration. (JEAN-PHILIPPE KSIAZEK / AFP)

"Les Français sont de plus en plus déconnectés de la route", a souligné mercredi 12 mai sur franceinfo Bernadette Moreau, déléguée générale de la Fondation Vinci Autoroutes qui publie son 11e Baromètre de la conduite responsable, à la veille du Pont de l'Ascension où beaucoup de personnes vont prendre la route. Selon cette étude notamment, les Français sont un peu moins nerveux au volant depuis l'éclosion de la pandémie de Covid-19. 

franceinfo : Selon votre baromètre, on ne se comporte pas pareil selon qu'on est Parisien, Marseillais ou Normand. Est-ce que cela veut dire que les clichés ne le sont pas tant que ça ?

Bernadette Moreau : Ce baromètre de la conduite responsable de la Fondation s'appuie sur les déclarations des conducteurs. Ce sont eux-mêmes qui font part de leur comportement. On constate des différences selon les régions. Le plus marquant, c'est ce qui concerne les incivilités. On s'aperçoit que dans les régions où le trafic est plus important, où les routes sont plus chargées, il y a plus d'anxiété, plus d'agressivité au volant. On s'en rend compte en particulier dans la région Ile-de-France et la région Provence-Alpes-Côte d'Azur. Dans les régions qui sont moins urbaines, on a des comportements plus apaisés. Mais ce sont les circonstances qui font ça. 

Ce baromètre est intéressant puisqu'il a été fait à la suite d'une année particulière de crise sanitaire où, de manière générale, le trafic a décru. On s'est rendu compte que les incivilités elles-mêmes étaient moins importantes, tout simplement parce qu'il y avait moins de monde sur les routes et que, forcément, c'est plus simple d'être apaisé et serein sur une route où il y a moins de monde.

Vous faites aussi le constat que tout le monde roule un petit peu trop vite...

C'est assez constant. Plus de neuf conducteurs sur dix déclarent qu'ils leur arrivent de dépasser les limitations de vitesse. De la même façon, quelque chose qui est très inquiétant et qui ne cesse de grimper, c'est tout ce qui concerne l'inattention au volant. Les Français sont de plus en plus déconnectés de la route et connectés à leur téléphone, à leur smartphone, à leur GPS. Du coup, ils en perdent l'attention indispensable qu'ils doivent avoir sur la route.

Plus d'un conducteur sur deux déclare qu'il lui arrive de téléphoner au volant en Bluetooth. Je rappelle que la conversation en Bluetooth amène autant de distraction qu'une conversation avec un téléphone tenu en main, puisque l'attention est concentrée sur la conversation et pas suffisamment sur la conduite.

La solution est donc d'éviter la tentation ?

C'est vrai que c'est un peu difficile. Mais c'est quand même la meilleure solution pour être en pleine sécurité. Il faut éloigner le smartphone de son siège, mais aussi régler son GPS avant de partir. Il faut également éviter d'utiliser les applications en conduisant et, bien sûr, éviter d'envoyer des SMS ou des mails pendant qu'on conduit.

Est-ce qu'on se comporte mieux que nos voisins européens ?

Ça dépend sur quel sujet. Il y a un sujet sur lequel les Français sont meilleurs, même s'ils ont un petit peu régressé cette année, c'est le risque de somnolence. C'est un risque qui est beaucoup plus connu en France que dans les autres pays européens. Je pense que les campagnes qui sont menées par la Fondation Vinci Autoroutes, mais aussi par beaucoup d'autres acteurs, y ont beaucoup contribué.

Donc oui, les Français sont meilleurs en matière de somnolence. Mais c'est important de la rappeler à la veille de ces grands trajets, ils ont eu tendance cette année à moins s'arrêter pour faire une sieste alors que c'est le seul moyen pour lutter contre la somnolence et pour retrouver un bon éveil. Ils ont eu tendance à moins souvent changer de conducteur, alors que c'est très simple quand on a la chance d'avoir un autre conducteur dans la voiture.

Ils ont aussi moins tendance à décaler leurs trajets s'ils sentent qu'ils sont fatigués. C'est quand même dommage parce que je rappelle que la somnolence en France est la première cause d'accidents mortels sur autoroute. Et 15% des conducteurs français disent qu'il leur est déjà arrivé d'avoir un accident ou failli avoir un accident à cause d'un épisode de somnolence.

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