Sécurité routière : France Alzheimer "surpris" par l'arrêté interdisant la conduite pour les patients atteints d'une pathologie neuro-évolutive

L'association participait à une étude sur la mobilité des personnes souffrant de la maladie d'Alzheimer et dont les conclusions doivent être communiquées dans les prochains mois.

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Radio France
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Photo d'illustration. (GAETAN BALLY / MAXPPP)

Benoît Durand a d'abord cru à "un poisson d'avril à retardement" en apprenant la publication au Journal officiel, dimanche 3 avril, d'un arrêté interdisant la conduite aux personnes atteintes de pathologies neuro-évolutives de type maladie d’Alzheimer. Le directeur général de France Alzheimer s'est dit sur franceinfo "surpris" par ce texte qui met à jour la liste des maladies et handicaps compatibles ou incomptatibles, avec ou sans aménagements ou restriction, à l’obtention du permis de conduire.

L'incompréhension de Benoît Durand et d'autant plus grande que son association participe à une étude "depuis un an" sur la problématique de la conduite automobile pour les patients atteints par cette maladie.

Vous avez été surpris par la publication de cet arrêté au Journal officiel ?

Benoît Durand : Je suis surpris. D'ailleurs, je pensais même que c'était un poisson d'avril à retardement. Surpris parce qu'on nous a commandé une étude sur la mobilité et notamment sur la problématique de la conduite automobile (avec la Prévention routière, la Fondation Médéric), financée en partie par l'État, qui dure depuis un an et dont les conclusions devraient arriver dans quelques mois. Du coup, je ne comprends pas ce décret. Il arrive trop vite. Surtout, c'est tout sauf exhaustif. J'avoue que je ne comprends pas bien. L'arrêté dit dès "l'apparition d'un déclin cognitif et notamment pathologique type Alzheimer ou maladies apparentées, interdiction totale de conduite". Mais qui va prendre la responsabilité ? Qui prend la décision ?

C'est compliqué pour les médecins de prendre cette décision ?

Surtout, c'est le médecin généraliste ? C'est le neurologue ? C'est qui ? Parce qu'il peut y avoir un certain délai entre le médecin généraliste qui va éventuellement prédiagnostiquer des troubles cognitifs et éventuellement une maladie d'Alzheimer. On va l'orienter vers un neurologue qui lui va faire un diagnostic, mais du coup, il peut se passer dans certains départements, certaines villes, des délais de douze à dix-huit mois avant d'avoir un rendez-vous et donc encore un délai encore plus long pour avoir un diagnostic. Qu'est-ce qui se passe durant cette période d'attente ? Je ne sais pas. Est-ce que les assureurs aussi ont été mis dans la boucle ? Qui prend la responsabilité de retirer les clés ?

D'autant plus qu'il est difficile de détecter la maladie ?

Souvent, les personnes malades sont dans le déni, même les familles sont dans le déni. Souvent, les personnes quand elles se rendent compte de tout cela, même quand il y a un diagnostic, il y a un repli sur soi. Il y a une espèce d'isolement. Comment vont-ils faire, ces gens-là ?

Il faudra régler le problème du transport pour aller à des activités, à des rendez-vous chez le médecin, etc. S'ils n'ont plus de voiture, comment font-ils ?

Benoît Durand

à franceinfo

Parce que l'aidant peut très bien ne pas conduire. Son seul moyen d'indépendance peut être le véhicule. Cela ne veut pas dire qu'il ne faut pas lui retirer parce que c'est un danger pour les autres. Mais comment on l'accompagne ? Qui lui explique ? Qui prend la responsabilité ? Qui aide la personne?

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