Paris : la mairie retire des barrières anti SDF après un tweet, "on voit qu'il y a une prise de conscience" estime la Fondation Abbé Pierre

L'installation de ce mobilier urbain a été motivée à l'époque par la multiplication des nuisances, à en croire certains habitants.

Les barrières sont installées en travers des grilles d\'aération.
Les barrières sont installées en travers des grilles d'aération. (MORGANE HEUCLIN-REFFAIT / RADIOFRANCE)

La mairie de Paris vient d'annoncer, mardi 26 décembre, le retrait "sans délai" de barrières anti SDF implantées dans le 19ème arrondissement, selon les informations rapportées par France Bleu Paris.

Elles ont été installées rue de Meaux, il y a huit ans, en diagonales au-dessus de bouches d'aération afin d'empêcher les SDF de s'y allonger. C'est l'un des sans-abri qui a interpellé la mairie lundi via twitter en postant une photo.

Les riverains se plaignaient des nuisances sonores que cela engendrait

L'installation de ce mobilier urbain a été motivée à l'époque par la multiplication des nuisances, à en croire certains habitants. "Les SDF se donnaient le tuyau, ce qui fait qu'ils se battaient pour garder leur place", raconte à France Bleu Paris un commerçant de la rue. Les riverains se plaignaient des nuisances sonores que cela engendrait. "Aujourd'hui, il n'y a plus de groupes, mais toujours un ou deux SDF qui vient dormir de temps en temps", témoigne une habitante du quartier.

Pour le maire du 19ème, François Dagnaud, le dispositif a été installé "il y a plus de cinq ans pour préserver l’accessibilité d’une bouche CPCU" [Compagnie parisienne de chauffage urbain]. L'élu précise sur son compte twitter qu'en "fonctionnement normal, aucune émission de chaleur à cet endroit".

Mais pour la Fondation Abbé Pierre, "l'objectif de ce mobilier, tel qu'il a été conçu, est d'empêcher les sans-domicile de s'installer", explique à France Bleu Paris Noria Derdek de la Fondation, qui a lancé une campagne début décembre pour dénoncer ce mobilier. Pour la Fondation, ce retrait est un premier pas, mais reste insuffisant. "Plus de 160 lieux ont été repérés sur Paris. Beaucoup de personnes nous ont signalé ce mobilier sous le hashtag 'soyons humains'. On voit qu'il y a une prise de conscience", souligne Noria Derdek.