Cet article date de plus d'un an.

Proposition de loi RN pour l'uniforme à l'école : cette mesure "limite les inégalités sociales", justifie le député Jean-Philippe Tanguy

A l'occasion de sa niche parlementaire jeudi 12 janvier, le Rassemblement national va proposer de rendre obligatoire l'uniforme à l'école. Pour le député RN de la Somme Jean-Philippe Tanguy, la mesure "limite les inégalités sociales" et permet de mieux faire respecter la laïcité.

Article rédigé par franceinfo
Radio France
Publié
Temps de lecture : 2 min
Le député RN de la Somme Jean-Philippe Tanguy, invité de France Inter jeudi 12 janvier. (FRANCE INTER / RADIO FRANCE)

L'uniforme à l'école "limite les inégalités sociales" et permet de mieux faire respecter la laïcité, argue jeudi 12 janvier sur France Inter le député du Rassemblement national Jean-Philippe Tanguy. Le parti va proposer dans la journée sept propositions de loi dans le cadre de sa niche parlementaire. L'une d'elles vise à rendre obligatoire l'uniforme dans les écoles et collèges publics. Le texte doit être débattu à l'Assemblée nationale.

"J’ai fait toute ma scolarité dans le public, dans un collège notamment en banlieue, raconte l'élu de la Somme, il y a vingt ans, les inégalités sociales étaient déjà importantes et en tant qu’élève, je me disais que ça serait bien d’avoir un uniforme. Ce n’est pas forcément quelque chose de ringard".

"Pour les signes distinctifs religieux, si vous avez un uniforme qui est correctement appliqué, par définition, ils ne peuvent pas exister. Je ne vois pas comment il pourrait y avoir une exception à ça. Vous pouvez avoir une petite croix, un petit signe religieux, une petite main de Fatma, ça n’a jamais été un signe prosélyte", poursuit Jean-Philippe Tanguy.

Une idée soutenue par Brigitte Macron

Le ministre de l'Éducation nationale Pap Ndiaye n'est pas de cet avis. Il estime qu'imposer l'uniforme dans les établissements scolaires ne réglera pas les questions de laïcité. "Oui mais lui ne règle pas du tout les questions de laïcité, déplore le député d'extrême-droite, d’ailleurs, j’ai été un peu atterré, une fois de plus, par cette forme de lâcheté". "Ce n’est pas la première fois, c’est même systématique que monsieur Ndiaye renvoie la responsabilité, l’arbitrage de ce qui est ou pas prosélyte aux établissements. Or, on le sait, il y a des difficultés sur le terrain qui sont extrêmement difficiles. Au contraire, les acteurs de terrain de la protection, de l’autorité, de l’État et de leur ministre pour appliquer les mêmes règles, partout sur le territoire".

Jean-Philippe Tanguy se montre moins bavard quand il s'agit de commenter la déclaration de Brigitte Macron à ce sujet. Dans un entretien accordé mercredi au Parisien, la première dame se prononce "pour le port de l'uniforme à l'école". "Je ne vais pas dire qu’elle a tort", réagit l'élu de la Somme.

Par ailleurs, cette mesure a été prise par des municipalités comme Béziers (Hérault) ou Provins (Seine-et-Marne) avant d'être abandonnée face notamment au refus de parents d'élèves. "C’est possible parce que c’est un état d’esprit général. Si c’est une exception sur un territoire, forcément, vous allez avoir des tensions. Des élèves qui vont se comparer avec les autres, ils vont préférer la liberté."

"À court terme, on choisit toujours la liberté absolue à un peu d’autorité. Alors que sur le long terme, on se dit que finalement ce n’était pas si mal"

Jean-Philippe Tanguy, député RN

sur France Inter

Selon lui, "beaucoup d'élus d'Outre-mer vont sans doute soutenir cette mesure" car dans ces "territoires, la mesure est appliquée depuis longtemps et les retours sont bons".

Cette proposition de loi du RN visant à rendre obligatoire le port d'un uniforme dans les écoles et collèges publics, a été rejeté mi-décembre en commission à l'Assemblée nationale, malgré le soutien de la droite.

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.