L'expulsion de l'imam Iquioussen suspendue par la justice : "il n'y a pas d'urgence", affirme son avocate

Le tribunal administratif de Paris a suspendu, vendredi 5 août, l'expulsion de l'iman originaire de Denain, dans le Nord. Le ministre de l'Intérieur a annoncé faire appel. Pour l'avocate de l'imam, la suspension de la procédure d'expulsion était nécessaire à la sérénité de la justice.

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L'imam Hassan Iquioussen, à gauche, lorsqu'il était président de l'association de la mosquée d'Escaudain dans le Nord. (FRANCOIS LO PRESTI / AFP)

L'imam Hassan Iquioussen ne sera pas expulsé tout de suite vers le Maroc. Le tribunal administratif de Paris a annoncé, vendredi 5 août, suspendre la procédure d'expulsion, ordonnée jeudi 28 juillet par le ministre de l'Intérieur. Gérald Darmanin affirme que le prédicateur de 58 ans tient "depuis des années un discours haineux à l'encontre des valeurs de la France"

Selon les juges, cette expulsion portait une atteinte grave et disproportionnée à la vie privée et familiale d'Hassan Iquioussen. Son avocate, maître Lucie Simon, l'a souligné lors de l'audience jeudi 4 août : le prédicateur a la nationalité marocaine, mais toute sa vie est en France. L'imam Hassan Iquioussen est né dans le Nord, comme ses enfants et petits enfants. Il ne connaît pas le Maroc, sauf à l'occasion de quelques vacances. 

Pas encore de condamnation

Maître Simon a rappelé également que les propos mis en cause sont anciens. Certains datent même des années 2000. Le prédicateur n'a jamais été condamné. "Il n'y a pas d'urgence à expulser Hassan Iquioussen, a insisté son avocate. Elle explique avoir demandé de suspendre la procédure pour que d'autres juges puissent se prononcer sereinement. “Cette affaire doit être jugée en dehors du temps de l’émotion, en dehors du temps médiatique”, estime Maître Simon.

"Il faut prendre le temps d'analyser les preuves ou l'absence de preuves."

Me Simon, avocate de Hassan Iquioussen

à franceinfo

Le ministre de l'Intérieur a annoncé faire appel de cette décision, devant le Conseil d'Etat. Dans un communiqué, Gérald Darmanin se dit "bien décidé à lutter contre ceux qui tiennent et diffusent des propos de nature antisémites et contraires à l’égalité entre les femmes et les hommes".

Double discours "typique du mouvement frériste"

Lors de l'audience, la représentante du ministère de l'Intérieur a pointé et mis en cause des propos datant de 2019 et concernant une place des femmes qui serait "à la maison, à s'occuper de leur mari et des enfants". Bien que l'imam Hassan Iquioussen condamne l'antisémitisme ou appelle à s'engager pour la France dans certaines de ses vidéos, il s'agit, selon elle, d'un double discours "typique du mouvement frériste". Elle fait ici référence au mouvement des Frères musulmans, qui s'"infiltrent" dans l'espace public avec des propos qui semblent conformes, en apparence, aux valeurs de la République mais qui disent, en réalité, le contraire. La représentante du ministère de l'Intérieur y voit "le terreau des actions terroristes".

L'imam n'était pas présent à l'audience. Hassan Iquioussen est recherché depuis le déclenchement de la procédure d'expulsion et serait, selon le ministère, parti à l'étranger.

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