Justice : le tribunal administratif suspend l'expulsion de l'imam Hassan Iquioussen, Gérald Darmanin fait appel devant le Conseil d'Etat

L'expulsion de l'imam Hassan Iquioussen a été suspendu ce vendredi 5 août par le tribunal administratif de Paris. Gérald Darmanin annonce faire appel de la décision devant le Conseil d'Etat.

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Le ministre de l'Intérieur, Gérald Damanin, le 2 août 2022 à l'Assemblée nationale. (ALAIN JOCARD / AFP)

Le tribunal administratif de Paris a suspendu ce vendredi 5 août l'expulsion vers le Maroc de l'imam Hassan Iquioussen en ce qu'elle porterait une atteinte disproportionnée à sa vie privée et familiale, indique son avocate Lucie Simon sur Twitter. "Loin des sirènes médiatiques, le droit", commente-t-elle.

Gérald Darmanin avait annoncé la semaine dernière l'expulsion controversée de cet imam exerçant en France, réputé proche des Frères musulmans et accusé par les autorités françaises d'appels à la haine et à la violence visant notamment la communauté juive. 

Gérald Darmanin annonce faire appel 

De son côté, le ministre de l'Intérieur annonce sa volonté de faire appel de cette décision devant le Conseil d'Etat. "Au regard de cette décision, le ministre de l’Intérieur et des Outre-mer, bien décidé à lutter contre ceux qui tiennent et diffusent des propos de nature antisémites et contraires à l’égalité entre les femmes et les hommes, annonce faire appel devant le Conseil d’Etat", écrit le ministère de l'Intérieur dans un communiqué.

Selon le ministre, cet imam, proche des Frères musulmans, "tient depuis des années un discours haineux à l’encontre des valeurs de la France, contraire à nos principes de laïcité et d’égalité entre les femmes et les hommes". La Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) a pour sa part rejeté, jeudi 4 août, une demande de suspension de cette mesure d'expulsion.

Gérald Darmanin est même "prêt à aller jusqu'à des modifications législatives si le droit n'est pas en phase avec la nature de la menace que représentent les étrangers délinquants", notamment dans le projet de loi immigration voulu par le gouvernement, indique l'entourage du ministre à franceinfo. "Il est vraiment dans une logique combative et déterminée par rapport aux personnes qui créent une atmosphère de séparatisme."

Un imam très actif sur les réseaux sociaux

Le prédicateur de 59 ans est né à Denain (Nord) et est père de cinq enfants et grand-père de quinze petits-enfants. Il dit avoir enseigné le français, avoir demandé à deux reprises la nationalité française, en vain. Il explique ne connaître le Maroc, son pays d'origine, qu'à travers de courtes vacances.

Partisan d’un islam politique, Hassan Iquioussen, est très actif sur les réseaux sociaux. Il compte aujourd’hui plus de 170 000 abonnés sur sa chaîne YouTube, et près de 43 000 sur Facebook. Selon l'arrêté ministériel d'expulsion, l'imam réalise depuis les années 2000 des prêches en vidéo, avec un certain succès puisque l'une d'entre elle a recueilli près de 30 millions de vues. Certaines de ses vidéos préconisent de "ne pas suivre les lois de la République", remettant en question la réalité des attentats commis par Daech, affichant une sympathie pour Oussama Ben Laden, s'opposant à la laïcité. Selon l'arrêté pris par le ministère de l'Intérieur, Hassan Iquioussen représente donc "une menace grave pour l'ordre public". 

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