Emmanuel Macron se prononce contre l'interdiction les listes électorales communautaires

Le chef de l'Etat a défendu une position "pragmatique", appelant à "ne pas tout confondre" en soulignant que ce n'est en "aucun cas un cadre de combat ou d'exclusion" contre une partie de la société française.

Le président de la République, Emmanuel Macron, au congrès des Maires de France, le 19 novembre 2019.
Le président de la République, Emmanuel Macron, au congrès des Maires de France, le 19 novembre 2019. (DANIEL PIER / NURPHOTO / AFP)

C'est un non clair et net. Emmanuel Macron s'est prononcé mardi 19 novembre contre l'interdiction, voulue par la droite, des listes communautaires aux élections municipales de mars, tout en promettant de nouvelles mesures contre le communautarisme "dans les prochaines semaines".

S'exprimant devant le congrès de l'Association des maires de France (AMF), le chef de l'Etat a apporté une fin de non recevoir à la demande de la droite qui a été soutenue par certains élus au RN et à gauche. Elle est portée par le président des sénateurs LR Bruno Retailleau, qui a déposé le 8 novembre une proposition de loi pour lutter contre les "listes communautaristes", en pleine polémique sur la laïcité et le voile.

"Comment définir" une liste communautaire ? 

Le sénateur de Vendée a d'ailleurs rapidement réagi aux propos d'Emmanuel Macron en dénonçant "un renoncement de plus", qui "théorise l'impuissance de l'Etat et banalise le communautarisme". Même ton de l'extrême droite : le porte-parole du RN Sébastien Chenu a dénoncé sur BFMTV "l'impuissance" d'un président "hypocrite" dont le parti va "soutenir des élus qui sont mouillés jusqu'au cou dans le communautarisme" comme, selon lui, à Denain ou Maubeuge.

Le chef de l'Etat a défendu une position "pragmatique", appelant à "ne pas tout confondre" en soulignant que ce n'est en "aucun cas un cadre de combat ou d'exclusion" contre une partie de la société française. Pour lui, "il ne s'agit pas de proclamer l'interdiction" des listes communautaires "pour régler le problème".

Nous avons des règles claires. Faut-il les bousculer parce que, soudain, les esprits s'échauffent ? Je nous appelle collectivement à la prudence.Emmanuel Macron

"Comment définir" une liste communautaire? "Qui en serait le juge et selon quels critères?", a-t-il interrogé. "Qui peut penser d'ailleurs que de telles listes se présenteront à visage découvert?", a-t-il ajouté, en soulignant que "ceux qui développent un projet communautariste, cet islam politique (...) très souvent se dissimulent".