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Pour les catholiques qui font le Carême, "le plus dur, c'est de résister aux plaisirs artificiels"

Ce dimanche de Pâques marque la fin du Carême. Une période de quarante jours durant laquelle les catholiques doivent faire des sacrifices qu'on ne soupçonne pas forcément.

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Dans la cathédrale de Saint-Dié, un prêtre tient un livre de messe. Il assiste à la bénédiction de l'huile qui servira aux baptêmes de Pâques, le 15 avril 2014. (MAXPPP)

Lapins, cloches et autres petits poissons en chocolat seront à l'honneur, dimanche 27 mars. Mais si Pâques est l'ocasion de régaler les papilles des gourmands, c'est avant tout une fête religieuse qui marque la fin du jeûne de Carême. Cette période de pénitence est un miroir des quarante jours que Jésus a passés dans le désert sans manger. Elle symbolise aussi les "quarante années passées au désert par le peuple d'Israël entre sa sortie d'Égypte et son entrée en Terre promise", rappelle La Croix.

Mais pour célébrer la résurrection du Christ, comme il se doit, les croyants doivent se préparer. Car la célébration la plus importante du calendrier religieux n'est pas Noël mais bien Pâques. Et pour être fin prêts, les catholiques doivent s'astreindre à une certaine discipline, comme l'explique le cardinal Godfried Daneels interrogé par Jeunes Cathos

La démarche est avant tout spirituelle et passe par le respect des trois "P" : partage, pardon et prière. Mais l'Evangile selon Matthieu et le Code de droit canonique donnent aussi des conseils pratiques, comme éviter de manger de la viande ou se laisser aller à des petits plaisirs. Pour faire Carême, il faut donc être prêt à faire des sacrifices.

"Il faut une démarche spirituelle pour donner du sens au jeûne"

Si personne ne déroge à la règle du poisson le vendredi, à chacun sa pratique du Carême. Certains suivent les préceptes de privations à la lettre ; d'autres, comme Alexandre, préfèrent se concentrer sur la quête spirituelle."Je ne crois pas qu’il y ait un Carême parfait. C’est l’intention qu’on y met qui est importante. Parce que le régime alimentaire n’a de sens que si on tient une certaine ligne de conduite, professe le quadragénaire baptisé il y a tout juste trois ans. Ça ne sert à rien de se fixer des règles si on ne se tourne pas vraiment vers son prochain." 

"Le Carême, c'est surtout une disposition du cœur", affirme Pauline. La jeune femme se rend alors plus souvent à la messe en semaine et essaie d'aider concrètement son prochain. "Parfois, je vais chercher des petits goûters aux gens qui sont dans la rue". Une pratique du Carême qui s'est renforcée au fil des années. 

"Quand j'étais petite, mes parents nous faisaient seulement manger du poisson le vendredi. Parce que jeûner, si on se contente de se priver de nourriture, ça n'est pas très intéressant, raconte la Parisienne de 23 ans. Il faut qu’il y ait une démarche spirituelle qui y soit associée pour lui donner du sens. On fait ça pour retrouver un esprit de pauvreté, rejoindre les plus pauvres d’entre nous et pas juste pour s'affamer." 

"Mon plus gros sacrifice, c'est devoir résister à certains plaisirs"

Les implications du Carême dans la vie quotidienne ne sont pas négligeables. Pauline aimerait pouvoir jeûner tous les jours, mais "lorsqu'on travaille, c'est compliqué. Alors je mange du riz, du pain nature, des aliments neutres mais nourrissants. Par contre, le vendredi saint, je jeûne toute la journée. Et ne pas manger du tout, c’est compliqué, surtout quand arrive l’heure du goûter. Je le ressens aussi physiquement." Mais ce sacrifice permet à la jeune femme de se "recentrer sur l'essentiel et éliminer le superflu".

Le superflu, aux yeux de Jonathan, c'est la cigarette. Alors, pendant quarante jours, il se tient loin du tabac. Un changement qui ne se fait pas sans efforts. "Je m'y prépare avant, en réduisant ma consommation, et comme je ne suis pas un gros fumeur, ça va. En revanche, la viande je dois l'arrêter net du jour au lendemain et c'est ce qui me manque le plus", admet le jeune homme. Mais c'est la règle : pas de repas de fête, ni viande, ni sucreries.

Philosophe, Alexandre voit ces contraintes comme des épreuves pour approfondir sa foi. "Mon plus gros sacrifice pendant le Carême, explique Alexandre, le jeune baptisé, c'est de devoir résister à certains plaisirs 'artificiels' comme les boissons alcoolisées. Mais quand j'ai une sensation de manque, je me tourne vers la prière. C'est un peu dur, surtout quand on a l'habitude de combler le vide."

"Je serai fier d'être arrivé au bout"

Pauline ne le cache pas : quarante jours, ça paraît un peu long. "Plus court, on n’aurait pas le temps de s’y mettre et plus long… On peut toujours faire mieux, mais quarante jours c’est une bonne durée." Jonathan, à qui la viande manque tant, ne pourrait pas tenir au-delà. "Ça ne fait que trois ans que je fais sérieusement le Carême et aujourd'hui, je me sens plus heureux et fier d'être arrivé jusqu'au bout. Mais je n'aurais pas tenu plus longtemps. A la fin du Carême, on va faire un gros repas de famille et on ira peut-être au McDo !", salive-t-il d'avance. 

Même si Alexandre voudrait que "(son) Carême dure toute l'année", il ne cache pas qu'il a, lui aussi, hâte que cette période soit terminée. "Mais ça ne veut pas dire qu’on va s’empiffrer comme on peut le faire à la fin d'un régime trop restrictif. C’est avant tout une fierté d’être arrivé au bout. Je suis satisfait et heureux de l'avoir fait." Une période de pénitence qui se termine traditionnellement par un déjeuner à base d'agneau (dit "pasca"l). Et du chocolat, évidemment.

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