Pour le Premier ministre pakistanais, les pays occidentaux doivent punir les insultes contre Mahomet autant que la négation de la Shoah

Le pays est secoué par de violentes manifestations anti-françaises à l'initiative d'un parti islamiste radical, désormais interdit. Mais Imran Khan estime toutefois qu'il faut interdire les caricatures du prophète de l'islam.

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France Télévisions
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Le Premier ministre pakistanais Imran Khan lors d'une conférence à Colombo (Sri Lanka), le 24 février 2021. (ISHARA S. KODIKARA / AFP)

Les pays occidentaux doivent punir ceux qui insultent le prophète Mahomet comme ceux qui nient la Shoah, a déclaré le Premier ministre pakistanais, Imran Khan, samedi 17 avril. Il s'exprimait après une semaine de violentes manifestations anti-françaises au Pakistan à l'instigation d'un parti islamiste radical, le Tehreek-e-Labbaik Pakistan (TLP), après l'arrestation lundi à Lahore de son chef, Saad Rizvi, pour avoir appelé à une marche destinée à réclamer l'expulsion de l'ambassadeur français.

"Nous, musulmans, avons le plus grand amour et respect pour notre Prophète, a tweeté le Premier ministre. Nous ne pouvons pas tolérer ce genre de manque de respect et d'abus." Imran Khan "appelle (…) les gouvernements occidentaux qui ont interdit tout commentaire négatif sur l'Holocauste à utiliser les mêmes règles pour punir ceux qui diffusent délibérément leurs messages haineux contre les musulmans en insultant notre Prophète". Nier la Shoah est illégal dans plusieurs pays d'Europe – dont l'Allemagne et la France – et peut être puni d'une peine de prison.

La France recommande à ses ressortissants de quitter le Pakistan

Le TLP a été à l'origine de plusieurs rassemblements anti-français depuis l'automne dernier, après que le président Emmanuel Macron eut défendu le droit à la caricature au nom de la liberté d'expression, au cours de l'hommage rendu à Samuel Paty, un enseignant tué le 16 octobre après avoir montré à sa classe des dessins satiriques de Charlie Hebdo. L'ambassade française à Islamabad a recommandé jeudi à ses ressortissants et aux entreprises françaises de quitter provisoirement le Pakistan, en raison des "menaces sérieuses" qui y pèsent sur les intérêts français.

Après des jours de manifestations, durant lesquelles quatre policiers ont été tués, le gouvernement pakistanais a annoncé que le TLP serait désormais interdit, le qualifiant de groupe terroriste. Imran Khan a toutefois suggéré que cette interdiction était due aux méthodes du TLP, et non à ses motivations. "Laissez-moi être clair avec les gens ici et à l'étranger : notre gouvernement a pris des mesures contre le TLP en accord avec notre loi antiterroriste, car il a défié l'autorité de l'Etat en utilisant la violence de rue et en attaquant les forces de l'ordre."

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