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"Le sacrifice de l'Aïd est une fête du partage"

Des abattoirs temporaires sont mis en place en France pour sacrifier les moutons dans de bonnes conditions d'hygiène, rappelle Abdallah Zekri, délégué général du CFCM, alors que la grande fête musulmane de l'Aïd el-Kebir commence mardi.

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Radio France
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Abdallah Zekri, le secrétaire général Conseil français du culte musulman (CFCM), le 29 août 2016. (MATTHIEU ALEXANDRE / AFP)

L'Aïd el-Kebir, la fête la plus importante de la religion musulmane, commence mardi 21 août, pour trois jours. Durant cette fête, de nombreux moutons sont sacrifiés en France et notamment dans des abattoirs temporaires mis en place par les autorités, explique sur franceinfo Abdallah Zekri, délégué général du CFCM, président de l’Observatoire national contre de l’islamophobie. Il insiste sur le fait que "le sacrifice de l'Aïd est une fête du partage".

franceinfo : Que commémore la fête de l'Aïd el-Kebir ("la grande fête"), ou Aïd al-Adha ("fête du sacrifice") ?

Abdallah Zekri : Elle commémore le sacrifice d'Ibrahim ([Abraham dans la tradition judéo-chrétienne]. Ibrahim est parti pour égorger son fils à la suite d'un rêve où Dieu le lui avait ordonné. Alors qu'il allait le sacrifier, on lui a dit de le lâcher et de prendre un mouton. Il a égorgé l'agneau et c'est devenu un rituel annuel. Le sacrifice de l'Aïd, c'est une fête du partage. La plupart des gens qui sacrifient un mouton donnent une épaule ou un gigot à des voisins et à ceux qui n'en ont pas.

En 2007, Nicolas Sarkozy avait critiqué ceux qui "égorgent le mouton dans leur appartement". Aujourd'hui, les sacrifices sont encadrés par la loi et un réseau d'abattoirs temporaires est installé en France. Comment cela se passe-t-il ?

Les choses ont changé. Quand Nicolas Sarkozy a parlé de cela, c'était un peu de la démagogie. Tout le monde n'égorgeait pas dans une baignoire ou à la maison. Il y avait un manque d'abattoirs dans certaines régions et puis il y a eu cette idée de mettre des abattoirs temporaires. Cela fonctionne très bien, c'est encadré par des vétérinaires. Maintenant les choses rentrent dans l'ordre et les gens respectent la loi.

Combien de moutons sont-ils abattus ?

Beaucoup, plus de 100 000 bêtes sont abattues à cette occasion, c'est énorme. Mais tout le monde n'a pas les moyens de le faire. Dans ce cas-là, ils peuvent faire un don à une œuvre de charité. Une famille de deux personnes, que voulez-vous qu'elle fasse avec un agneau ? Soit elle l'achète et partage avec les voisins, soit elle fait un don pour compenser le fait de ne pas avoir fait le sacrifice.

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