Hausse des crimes et délits racistes, xénophobes ou antireligieux : "Des enquêtes de victimation montrent un nombre bien plus important de victimes", assure SOS Racisme

Selon le ministère de l'Intérieur, le nombre de crimes et délits racistes, xénophobes ou antireligieux est en forte augmentation en 2023,
Article rédigé par franceinfo
Radio France
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Une manifestation contre la loi immigration appelle à mettre fin au racisme, le 21 janvier 2024. (OLIVIER DONNARS / LE PICTORIUM / MAXPPP)

Dominique Sopo, président de SOS Racisme, estime mercredi 20 mars sur franceinfo que la hausse de  du nombre de crimes et délits racistes, xénophobes ou antireligieux en 2023 est sous-estimée. Le ministère de l'Intérieur a annoncé, plus tôt mercredi, que cette hausse s'établissait à 32% sur l'année dernière, par rapport à 2022. "Des enquêtes de victimation montrent un nombre bien plus important de victimes, assure-t-il, dans la mesure où une partie des personnes touchées par ces faits ne portent pas plainte et dans la mesure où une partie des personnes victimes de ces faits ne le savent même pas forcément".

Selon un rapport du service statistique du ministère de l'Intérieur (SSMSI) dévoilé mercredi, en 2023 la police et la gendarmerie nationales ont enregistré "près de 15 000 infractions commises en raison de l'ethnie, de la nation, d'une prétendue race ou de la religion sur l'ensemble du territoire français, dont 8 500 crimes ou délits", note le SSMSI, avec "une nette accélération en fin d'année", marquée par un bond des actes antisémites liés à la guerre entre Israël et le Hamas.

"Il n'est jamais évident de porter plainte"

Des chiffres sous-estimés par rapport à la réalité, selon SOS Racisme puisqu'une partie des victimes ne portent pas plainte comme l'explique Dominique Sopo : "Ce n'est jamais évident de se sentir autorisé à aller porter plainte surtout quand vous êtes loin des institutions ou issus d'un milieu populaire". Il ajoute : "C'est compliqué d'aller dans un commissariat, de se référer aux institutions surtout lorsqu'une partie de ces institutions peut apparaître - à tort ou à raison - complaisante avec le racisme".

Pour le président de SOS Racisme, la responsabilité de cette hausse est partagée : "Il y a évidemment la question de la régulation des réseaux sociaux qui peuvent être une caisse de résonnance assez extraordinaire par rapport à la circulation de faits racistes. Les politiques aussi ont une responsabilité puisqu'ils ont eux-mêmes versé dans la parole raciste ces derniers mois autour de faits d'actualité".

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