Prisons : avec la canicule, "l'air étouffant crée un climat de tension et des violences supplémentaires"

Enfermés 22 heures sur 24 dans une grande promiscuité, sans possibilité de créer de courants d'air, les détenus et les personnels de prison subissent des effets décuplés de la canicule, constate sur france info François Bès de l'Observatoire international des prisons.

La maison d\'arrêt d\'Angers en Maine-et-Loire, date du milieu du XIXe siècle.
La maison d'arrêt d'Angers en Maine-et-Loire, date du milieu du XIXe siècle. (JOSSELIN CLAIR / MAXPPP)

53 prisons françaises sont en surpopulation extrême, selon des chiffres publiés le 6 août par l'Observatoire international des prisons. Avec la canicule, l'air est surchauffé dans les cellules. François Bès, coordinateur du pôle Enquêtes au sein de l'OIP (Observatoire international des prisons), explique sur franceinfo mardi 7 août, que cela "crée un climat de tension et des violences supplémentaires".

"La promiscuité, engendrée par la surpopulation, exacerbe déjà les tensions, les violences entre détenus et les violences entre détenus et personnels. L'air étouffant crée un climat de tension et donc des violences supplémentaires", analyse François Bès.

Fenêtres condamnées, cellules sous verrière...

"Les détenus sont enfermés 22 heures sur 24 sans possibilité de créer des courants d'air ou de fermer des volets qui n'existent pas. Dans les quartiers d'isolement et les quartiers disciplinaires, les fenêtres ne s'ouvrent même pas." François Bès ajoute que "la moitié des prisons françaises sont des prisons anciennes, il y a des cellules sous des verrières.

Se placer dans un endroit frais est une des préconisations du plan canicule niveau 3François Bès de l'OIPavec franceinfo

"Ce n'est pas assuré dans les prisons françaises, constate François Bès. Cela crée une situation extrêmement problématique".