Plus de 40 000 téléphones et accessoires ont été saisis dans les prisons françaises en 2017

Selon l'administration pénitentiaire, le chiffre est en constante augmentation. Il a été multiplié par huit en dix ans.

Un couloir dans la prison de Fresnes (Val-de-Marne), le 11 janvier 2018.
Un couloir dans la prison de Fresnes (Val-de-Marne), le 11 janvier 2018. (STEPHANE DE SAKUTIN / AFP)

Les détenus français sont de plus en plus connectés. Plus de 40 000 téléphones et accessoires (chargeurs, cartes SIM...) ont été saisis dans les 180 prisons françaises en 2017, a indiqué, mardi 21 août, la Direction de l'administration pénitentiaire (DAP). Ce chiffre est en hausse constante depuis dix ans, précise l'administration. Dix ans plus tôt, en 2007, les agents pénitentiaires avaient saisi 4 977 téléphones et accessoires, soit huit fois moins.

Les appareils entrent facilement en prison, par projection dans les cours de promenade ou via les parloirs par des proches, et circulent en détention à la faveur de divers trafics. Ils sont "de plus en plus petits", "certains contiennent très peu de métal et sont pratiquement indétectables", selon des sources syndicales. 

Brouillage et installation de téléphones fixes

Pour la DAP, cette hausse constante est liée à plusieurs éléments. Tout d'abord, le nombre de détenus ne cesse d'augmenter (près de 70 000 en fin d'année). Ensuite, il y a davantage de téléphones en circulation dans les prisons. Et enfin, ces appareils sont mieux repérés. Pour lutter contre leur prolifération, la ministre de la Justice Nicole Belloubet a annoncé, en janvier, le déblocage d'une enveloppe de 15 millions d'euros. Il s'agit de "garantir un brouillage effectif" des portables et d'installer 50 000 téléphones fixes dans les prisons. L'objectif est ne pas couper les détenus de leurs proches et favoriser la réinsertion.

Les fuites d'images prises en détention font fureur sur les réseaux sociaux. Mi-août, une enquête a été ouverte après la diffusion de photos et d'une vidéo du rappeur Kaaris, incarcéré à Fresnes (Val-de-Marne) après la rixe avec son rival Booba à Orly. Fin juillet, un surveillant de la maison d'arrêt de Nanterre (Hauts-de-Seine), soupçonné d'avoir introduit dix téléphones portables dans l'établissement, a été mis en examen et suspendu de ses fonctions.