Des avocates portent plainte pour des violences commises contre des détenus à la prison de Rennes

Une première plainte déposée par un détenu en avril avait été classée sans suite fin mai, a précisé l'une des avocates.

Le centre pénitentiaire de Rennes-Vezin (Ille-et-Vilaine), le 16 juillet 2018.
Le centre pénitentiaire de Rennes-Vezin (Ille-et-Vilaine), le 16 juillet 2018. (SEBASTIEN SALOM GOMIS / AFP)

Deux avocates du barreau de Rennes ont porté plainte pour des violences commises contre des détenus à la prison de Rennes-Vezin. "J'ai déposé mercredi, au nom de mon client, une nouvelle plainte avec constitution de parties civiles pour violences aggravées avec une ITT de plus de 8 jours", a expliqué à l'AFP Gwendoline Tenier, confirmant une information du Télégramme. La première plainte sur cette affaire, déposée par le détenu en avril, avait été classée sans suite fin mai, a précisé l'avocate.

Les faits concernent un détenu de 37 ans, fouillé à nu après un parloir, fin mars. Selon l'avocate, le détenu ayant refusé d'effectuer en plus la flexion réclamée par le surveillant a été menotté dans le dos et emmené directement au quartier disciplinaire, escorté par cinq surveillants. Pendant le parcours jusqu'à ce lieu, ces derniers lui auraient relevé les bras haut dans le dos jusqu'à provoquer une torsion de son épaule, qui lui a valu dix jours d'ITT. "Quatre mois plus tard, il n'a toujours pas retrouvé la mobilité de son épaule", affirme Gwendoline Tenier, précisant qu'il s'agit d'un détenu "particulièrement exemplaire" qui subit depuis les effets "collatéraux" de sa plainte, avec privation d'accès au culte et aux cours, notamment.

Un "usage disproportionné de la force"

La deuxième plainte, déposée par Camille Delva, avocate au même cabinet, concerne un détenu d'une vingtaine d'années, auquel on a enlevé son traitement médical alors qu'il souffrait d'une rage de dents. Comme il protestait, il s'est retrouvé lui aussi au quartier disciplinaire, privé de ses affaires et sans draps ni serviette de toilette, selon Gwendoline Tenier.

Cela devient insupportable. De tels comportements, de la part de certains surveillants, jettent l'opprobre sur l'ensemble du personnel pénitentiaire (...) et peuvent transformer des détenus en boule de haine"Gwendoline Tenier, avocateà l'AFP

Dans un rapport publié en juin, à la suite de la visite de huit contrôleurs en janvier 2017, la contrôleure générale des prisons, Adeline Hazan, avait pointé la "violence" et "l'usage disproportionné de la force" par certains surveillants de la prison de Rennes-Vezin. Les faits mentionnés dans le rapport sont antérieurs à ceux pour lesquels deux plaintes viennent d'être déposées.

Eric Toxé, responsable Ufap-Unsa Justice du centre pénitentiaire de Rennes-Vezin, avait estimé que le rapport d'Adeline Hazan relevait du "fantasme" et que les surveillants "travaillaient dans des conditions exécrables".