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Blocage de la prison de Fleury-Mérogis : les raisons du ras-le-bol des surveillants

Le personnel de la prison de Fleury-Mérogis, en Essonne, compte bloquer l'établissement à partir de 19h30, lundi, après une rixe qui a blessé 6 gardiens. Ils réclament davantage de moyens et une hausse des effectifs. 

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La maison d'arrêt de Fleury-Mérogis (Essonne), le 7 avril 2017. Le personnel de la prison se mobilise après une agression pour demander une hausse des effectifs.  (BERTRAND GUAY / AFP)

C'est une rixe entre deux mineurs incarcérés qui a mis le feu aux poudres, jeudi 6 avril. La bagarre a dégénéré et fait six blessés parmi les gardiens, alors que d'autres mineurs ont plongé dans la mêlée. Les surveillants de l'établissement pénitentiaire de Fleury-Mérogis, en Essonne, comptent bloquer la prison, lundi à partir de 19h30. "On va mettre des barricades sur l’avenue et on va empêcher toute entrée ou sortie", explique Olivier Legentil, du syndicat Ufap-Unsa Justice (majoritaire). "On bloquera les extractions, les nouveaux arrivants, les permissions de sortie, on aura juste une tolérance pour les urgences médicales."

Soutenu par des élus locaux comme le maire de la commune David Derrouet (divers gauche) ou le député de l'Essonne, Malek Boutih (PS), le blocage devrait durer toute la nuit et pourrait être reconduit. Une manifestation, qui a réuni 200 membres du personnel, a déjà eu lieu vendredi. Franceinfo vous explique les raisons de la colère des surveillants pénitentiaires. 

Des agressions d'une extrême violence

Les surveillants sont mobilisés depuis jeudi 6 avril, après qu'une rixe entre deux mineurs a dégénéré. "C'est parti en bagarre générale. On a six surveillants qui sont partis aux urgences", a expliqué Olivier Legentil à Europe 1Les gardiens de prison qui sont intervenus ont été roués de coups pendant vingt minutes, le temps que des renforts arrivent. L'un d'entre eux a, selon Thibault Capelle, de FO Pénitentiaire, été sévèrement touché au genou, un autre a le bras cassé et certains doivent passer des IRM pour cause de blessures à la tête. Une cellule psychologique a été mise en place. A la suite de cette agression, quatre mineurs de plus de 16 ans ont été transférés au quartier disciplinaire, et deux de moins de 16 ans sont confinés en cellule. Des sanctions qui, selon les syndicats, sont insuffisantes. 

Ces évènements sont de plus en plus fréquents dans les couloirs des prisons françaises : "Les agressions sur le personnel sont devenues quotidiennes" lâche Olivier Legentil, le secrétaire local adjoint du syndicat l'Ufap-Unsa Justice à France Bleu. Dans les établissements pénitentiaires voisins de Fresnes (Val-de-Marne) et de Bois-d'Arcy (Yvelines), des manifestations ont également eu lieu pour dénoncer l'agression de deux gardiens de prison devant chez eux ou sur le chemin du travail. 

 Une prison surpeuplée, qui manque d'effectifs

Si cette bagarre a choqué le personnel de la prison, les syndicats se mobilisent pour obtenir une hausse des effectifs. Selon Marcel Duredon, le responsable syndical FO-pénitentiaire de l’Essonne,  il y a un surveillant pour 100 détenus à Fleury-Mérogis. La plus grande prison d'Europe est remplie à plus de 180% et 150 fonctionnaires manquent à l'appel. "Comment on fait pour gérer la prison, pour gérer les mouvements des détenus et pour assurer notre sécurité?", s'indigne le responsable syndical.

Les syndicats demandent également la mise en place d'une fouille générale de la prison, la sécurisation des abords du périmètre et l'abrogation d'une loi qui les oblige à justifier les fouilles à nu des détenus. 

L'ouverture de deux quartiers spécialisés pour les détenus radicalisés

Le 24 avril, la prison doit ouvrir deux quartiers d'évaluation de la radicalisation (QER), qui détermine la dangerosité des candidats au jihad. Une installation qui inquiète le personnel pénitentiaire dont les syndicats demandent le report tant qu'il n'y aura pas plus de moyens. Seulement deux surveillants supplémentaires ont été prévus pour la gestion de ces quartiers, qui accueilleront une quarantaine de détenus. "Ils ont tout simplement oublié que les personnels ne travaillent pas 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24", confie Olivier Legentil au Figaro.

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