Philippe Rio, maire de Grigny, élu meilleur maire du monde : "On va prendre la récompense, d'habitude on prend plutôt des cailloux"

Ce titre honorifique a été décerné à Philippe Rio, maire de Grigny, pour récompenser son combat contre la pauvreté et sa gestion de la crise du Covid, dans cette ville connue pour être la plus pauvre de France.

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Radio France
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Philippe Rio, maire de Grigny, sort du palais de l'Elysée, à Paris, le 29 janvier 2015. (ALAIN JOCARD / AFP)

"C'est une belle surprise, une belle récompense de la mobilisation d'un collectif car un maire ce n'est pas un super-héros", a réagi mardi 14 septembre sur franceinfo Philippe Rio. Le maire communiste de Grigny dans l'Essonne a reçu le prix du meilleur maire du monde à égalité avec le maire de Rotterdam, Ahmed Aboutaleb, d'après le classement de la City Mayors Foundation de Londres. "C'est la récompense du travail, du chemin que nous avons pris, du courage parfois, de l'abnégation, a-t-il poursuivi, cela nous donne un élan remarquable".

"Si aujourd'hui ce titre peut aider un gamin qui cherche un stage et qui affiche fièrement Grigny sur son CV, qui ne change pas sa ville parce qu'il en a honte ou parce qu'il sait que c'est discriminant, on aura gagné quelque chose de très important", a estimé le maire d'une des villes les plus pauvres de France.

"Avec nos petits moyens, on a fait de la solidarité"

"Nous sommes une petite ville de banlieue, souvent dans les faits divers, les difficultés, mais le thème de cette année c'était la lutte contre le Covid-19 et effectivement au fur et à mesure de ce concours, on s'est aperçu qu'on avait notre place, explique Philippe Rio. Avec nos petits moyens, nos petits bras, on a fait de la solidarité, on a lutté contre le Covid, on a distribué des masques quand il n'y en avait pas, on a distribué des repas quand la crise alimentaire a durement frappé les quartiers populaires."

"La situation est quand même difficile, on ne perd pas de vue notre quotidien, relativise toutefois Philippe Rio. Il y a une récompense, x, et ça va nous donner de la force parce que la situation est dramatique." "Indéniablement, les précaires sont devenus pauvres et la pauvreté s'est transformée en extrême pauvreté", déplore-t-il, pointant du doigt le poids de la crise sanitaire sur la situation de ses administrés.

"On a dépassé les 50% de personnes vivant sous le seuil de pauvreté, les travailleurs pauvres en ont pris plein la tronche, et c'est extrêmement dur."

Philippe Rio

à franceinfo

Philippe Rio lutte pour que les quartiers populaires ne soient pas les oubliés du plan de relance et des pouvoirs publics. "Il y a des avancées mais il reste encore un bout de chemin à faire, la crise Covid n'est pas terminée et elle continue à enkyster la pauvreté, à détruire des parcours de vie, à fragiliser des enfants, des femmes et des hommes dans notre pays." Le maire communiste voit dans cette récompense "un encouragement pour aller plus vite, plus fort et plus haut", notamment dans la lutte contre l'insécurité dans les quartiers populaires. Il en appelle à des agents mieux formés, en nombre suffisant, à plus de sécurité et plus de justice.

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