EPR de Flamanville : travaux et retards en vue

Des soudures défectueuses ont été repérées sur l'EPR de Flamanville (Manche). Il va falloir engager des travaux, qui vont encore alourdir le calendrier et faire flamber la facture. Ce réacteur nouvelle génération devait initialement ouvrir en 2012.

FRANCE 2

L'EPR (réacteur pressurisé européen) de Flamanville (Manche) est à nouveau sous pression. Après plusieurs mois d'expertise, l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) juge que certaines soudures du réacteur nucléaire ne sont pas sûres. Ces soudures sont placées dans l'enceinte même du réacteur, à la sortie des générateurs de vapeur. Au nombre de huit, elles sont jugées défectueuses par rapport à l'exigence de sûreté. Problème : elles se situent au milieu de l'enceinte de béton, qui mesure plus d'un mètre d'épaisseur. Selon l'expert indépendant Yves Marignac, leur réparation prendra un temps considérable.

Un coût trois fois plus élevé que prévu

L'EPR, qui doit être mis en service en 2020, accuse déjà huit ans de retard. En cause, une série de négligences industrielles. Il a déjà coûté 11 milliards d'euros, soit trois fois plus que prévu. Dans un communiqué, EDF admet que "les recommandations formulées (...) pourraient impacter le calendrier de mise en service et le coût de construction", mais le groupe n'en dit pas plus, car ses ingénieurs cherchent des solutions alternatives à la réparation. Inadmissible, pour les militants antinucléaires. La décision de réparer ou non les soudures sera prise au plus tard en juin par l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN).

Le chantier de l\'EPR de Flamanville (Manche).
Le chantier de l'EPR de Flamanville (Manche). (CHARLY TRIBALLEAU / AFP)