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Cinq questions sur les "anomalies" découvertes dans une usine d'Areva du Creusot

Des incohérences ont été découvertes sur des dossiers de composants fabriqués dans cette usine de Saône-et-Loire. Un audit a été lancé. Les résultats complets sont attendus d'ici la fin du mois de mai.

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France Télévisions
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Les travaux de construction de l'EPR de Flamanville (Manche), le 30 mars 2016. (MAXPPP)

Areva à nouveau dans la tourmente. Plusieurs incohérences concernant les dossiers des composants de la cuve du réacteur de Flamanville (Manche), fabriqués dans l'usine du Creusot, ont été détectés, ont rapporté Les Echos, lundi 2 mai. Areva n'écarte pas, mardi, que des "falsifications" soient à l'origine des "anomalies". Au total 400 dossiers de fabrication sont concernés par des "incohérences ", précise le quotidien.

Où est-ce que les anomalies ont été détectées ?

Les anomalies ont été identifiées dans la composition de l'acier de la cuve du réacteur EPR en cours de construction par EDF à Flamanville (Manche), et fabriqués dans l'usine d'Areva du Creusot (Saône-et-Loire). L'usine du Creusot est spécialisée dans la production de grandes pièces moulées et forgées formant les composants des îlots nucléaires des centrales.

Une première anomalie avait été décelée à Flamanville dans la composition de la cuve, entraînant le lancement d'un audit en 2015. A la suite de cet audit, d'autres anomalies sont apparues.

Quelles sont ces "anomalies" ?

Les "anomalies" ont été détectées dans le suivi des fabrications d'équipements sur le site. "Ces irrégularités consistent en des incohérences, des modifications ou des omissions dans les dossiers de fabrication portant sur des paramètres de fabrication ou des résultats d'essais", a expliqué l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN), le gendarme du secteur, dans une note d'information.

Quelle est l'origine de ces anomalies ?

A ce stade, Areva n'exclut pas qu'il puisse s'agir de falsifications des données figurant dans les dossiers de suivi, qui retracent la chronologie de fabrication d'une pièce et comportent l'ensemble des prescriptions techniques à respecter pour en assurer la conformité.

"On a des procès-verbaux contradictoires. Soit il y a eu des essais complémentaires qui ne sont pas tracés, et il faut qu'on ait la conviction qu'ils existent. Sinon, il faudra en tirer les conséquences", a indiqué le directeur général, Philippe Knoche, au quotidien Les Echos.

D'autres sites sont-ils concernés ?

L'audit lancé en 2015 va être étendu à l'usine de Saint-Marcel (Saône-et-Loire), qui assemble les composants lourds équipant les réacteurs, et à celle de Jeumont (Nord), qui produit des équipements mobiles pour réacteurs.

Couvercle de cuve, virole de cœur, dôme elliptique, plaque tubulaire, volute de pompe... Toutes les pièces composant la cuve du réacteur, le générateur de vapeur ou encore le pressuriseur sont potentiellement concernées.

Selon Areva, environ 60% des anomalies concernent des pièces nucléaires et 40%, des pièces non nucléaires. En tout, des incohérences ont été décelées pour 400 pièces produites depuis 1965, sur quelque 10 000 dossiers audités. Une cinquantaine de pièces seraient en service dans le parc français, selon l'ASN. Mais le groupe, qui a racheté la forge du Creusot en 2006, assure que les anomalies ont commencé à décroître à partir de 2010 et que les procédures de fonctionnement sont aujourd'hui différentes.

Que compte faire Areva ?

Le géant du nucléaire assure évaluer actuellement "l'impact éventuel sur la qualité des pièces" fabriquées à Creusot Forge et installées chez ses clients, le géant français EDF et d'autres électriciens à travers le monde.

L'ASN a demandé au groupe "de lui transmettre au plus tôt la liste des pièces concernées et son analyse des conséquences sur la sûreté des installations en lien avec les exploitants concernés".

Les résultats complets de l'audit seront disponibles "d'ici fin mai", a indiqué Areva, assurant qu'un comité technique mis en place avec EDF n'a pour l'heure "pas établi d'informations mettant en cause l'intégrité mécanique des pièces".

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