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Bouches-du-Rhône : le chantier du réacteur nucléaire expérimental Iter termine la construction de ses principaux bâtiments

Débuté en 2010, le chantier du projet de recherche nucléaire ITER, qui va accueillir le Tokamak, le centre de la fusion nucléaire sur le site de Cadarache, dans les Bouches-du-Rhône, vient de franchir une étape importante. 

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Radio France
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Des employés sur le chantier du projet de réacteur de recherche civil à fusion nucléaire ITER, à Saint-Paul-lez-Durance, le 10 octobre 2018. (CHRISTOPHE SIMON / AFP)

Sur le site de Cadarache, à Saint-Paul-lez-Durance, dans les Bouches-du-Rhône, le chantier du réacteur expérimental ITER vient de marquer le pas, avec la fin de la construction de ses principaux bâtiments. Au cœur d’une forêt provençale, c’est une autre forêt, de grues celle-là, qui s’élève au-dessus d’une cathédrale de béton. "On est dans un programme de nature à changer le cours de l'Histoire", explique, enthousiaste, Robert Arnoux, porte-parole d’ITER. "En maîtrisant l'énergie de fusion, vous garantissez à l'humanité une source d'énergie propre basée sur un combustible illimité pour des centaines de milliers d'années", poursuit-il.

Cet immense cylindre, c'est le puis d'assemblage de la machine. C'est ici qu'on va recréer les conditions qui n'existent qu'au coeur du Soleil et des étoiles.

Robert Arnoux, porte-parole d'ITER

à franceinfo

ITER en effet ne produira pas d’électricité. Il s’agit en fait du plus grand programme d’expériences scientifiques et techniques au monde. Objectif : tenter de dompter la fusion nucléaire, c’est-à-dire reproduire ce qui se passe dans les étoiles pour fabriquer l’énergie du futur. Un pari gigantesque.

Un chantier qui progresse dans les délais

Il aura fallu six millions d’heures de travail pour réaliser le bâtiment central, qui va accueillir le Tokamak, le centre de la fusion nucléaire. Une structure de 60 mètres de haut et 180 de long, constituée d’un béton de type centrale nucléaire, avec portes métalliques de 70 tonnes. A l’opposé des problèmes du chantier de l’EPR de Flamanville pointés par le rapport Folz, "cet ouvrage démontre la capacité à faire dans les temps, même parfois dans des temps plus courts que prévus, les ouvrages les plus complexes, se félicite Jérôme Stubler, président de Vinci construction. A chaque fois qu'il y avait une difficulté, on s'est mis autour de la table pour résoudre le problème le plus rapidement possible. Ensuite on a regroupé nos ingénieurs, nos compagnons, pour avoir des équipes très professionnelles, de manière à pouvoir intégrer des ouvriers moins qualifiés locaux, et ça nous a permis de faire une école, c'est de l'apprentissage en faisant."

Vue du bâtiment réalisé par Vinci qui va accueillir le Tokamak. (EMILIE BRIFFOD / FRANCE-BLEU PROVENCE)


La salle du conseil d’ITER, avec ses drapeaux, rappelle que 35 pays sont associés autour de ce projet à 20 milliards d’euros : Union européenne, États-Unis, Inde, Russie, et Japon notamment. ITER est un pari politique autant que scientifique. Il suscite en effet une controverse chez les physiciens, tant sur son efficacité que sur la sécurité. "Rien n'est acquis, reconnaît Bernard Bigot, directeur général d’ITER Organization. Je sais par contre un certain nombres d'éléments qui sont démontrés par le fruit de travaux de recherche menés depuis soixante ans."

Je sais que le projet ITER, c'est le projet qui doit passer à la juste dimension pour espérer produire une quantité importante d'énergie. Je suis confiant, mais il y a des incertitudes.

Bernard Bigot, directeur général d’ITER Organization

à franceinfo

En plus de la physique nucléaire, ITER et son réacteur de type Tokamak devront aussi affronter le facteur temps. Celui du montage, des études scientifiques, puis de l’éventuelle mise au point d’un modèle industriel stable. Ainsi, la première centrale à fusion ne devrait voir le jour qu’en 2060… si l’expérience est concluante.

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