Traiteur qui pose un lapin, soupçons d'infidélité... Ils nous racontent comment un imprévu s'est invité à leur mariage

Les beaux jours voient fleurir les cérémonies partout en France. Franceinfo a recueilli quelques histoires marquantes, souvent drôles, parfois tragiques, de noces émaillées d'événements inattendus.

Parmi les couacs les plus récurrents : la tenue des mariés qui craque au dernier moment.
Parmi les couacs les plus récurrents : la tenue des mariés qui craque au dernier moment. (VICTORIABEE / ROOM RF / GETTY IMAGES)

Le plus beau jour de toute une vie ? Pas toujours. Aléa matériel, dispute inattendue ou drame familial... Les témoins contactés par franceinfo le savent : il suffit d'un grain de sable pour enrayer la mécanique nuptiale, malgré des mois de préparation. Voici sept histoires de mariages qui ne se sont pas déroulés comme prévu.

Quand on est trahi par sa tenue

Mailys Quenault se souvient parfaitement de la robe qu'elle a portée le jour de son mariage, et pour cause. Elle l'avait choisie "blanche avec de grosses fleurs roses". La tenue tant attendue est réceptionnée quinze jours avant la cérémonie, organisée en 2008. "Nous n’avions pas beaucoup d’argent pour notre mariage, confie-t-elle. Alors j’avais commandé une robe sur un site asiatique, pour 300 ou 350 euros."

Lors de la livraison, elle se heurte un problème de taille : la robe est en 38. Elle avait demandé du 48. De quoi gâcher les rêves de cette future maman, enceinte de quatre mois. Avec une bonne dose d'entêtement, elle trouve une couturière dans la Nièvre, qui reprend en toute hâte la doublure, mais ne peut faire de miracle pour le bustier. Soulagement : la tenue est prête à l'avant-veille de la cérémonie. "J’étais contente de rentrer dedans", résume la mariée. Et tant pis si elle ne "pouvait pas trop respirer".

Le mari de Pauline Frison était lui aussi à l'étroit, à tel point que son pantalon a craqué quinze minutes avant l'entrée en mairie. Le futur époux trouve une solution de remplacement mal assortie. "Il a souri en me voyant dans ma robe. Moi, je l’ai tué du regard et je me suis dit : 'Mais quel con, il s’est trompé de pantalon'. Mais c'était ça ou un jean."

Cinq ans plus tard, la mariée a toujours les photos de "sa figure qui se décompose" et de son "regard assassin".

Quand on n'avait pas prévu de se marier

Une solution pour ne pas stresser sur sa tenue le jour J : ne pas être averti à l'avance que l'on va se marier. Ainsi, il y a un an, une jeune femme se présente à la salle communale de La Canourgue (Lozère) vêtue d'un jean. Venue célébrer l'anniversaire de son compagnon, elle apprend seulement sur place que celui-ci a prévu de l'épouser ce jour-là. 

"Par le passé, elle avait déjà sollicité son compagnon, mais c'était tombé à l'eau, se souvient le maire, Jacques Blanc, encore amusé par la surprise. Là, elle est tombée des nues, elle s'est fait habiller et je les ai mariés."

Quand on sèche son propre mariage

Il arrive que certains couples oublient de se présenter en mairie ou renoncent au dernier moment. Caroline Fel, adjointe à la mairie d'Angers, s'était d'ailleurs agacée, fin 2016, après avoir attendu en vain de futurs époux. "Le mariage était prévu à 10 heures, nous avons essayé de les contacter, mais ils sont restés injoignables, expliquait l'élue. Il y a plus d'un an, nous avions réussi à contacter un couple qui ne s'était pas présenté non plus. Ils nous ont dit : 'C'est compliqué, la famille, merci beaucoup et au revoir'." 

Quand on est fiévreux le jour de la cérémonie 

Le mari de Sandrine Heurtebise, lui, aurait peut-être dû réclamer un mot d'absence. "A J-1, il ne se sentait pas bien", se souvient Sandrine Heurtebise. "On m’avait dit que la veille, tu ne dormais pas à cause du stress, pour un chignon ou je-ne-sais-quoi, mais je n’imaginais pas passer une nuit blanche à cause de ça." Gorge en feu, fièvre… Son état de santé empire d'heure en heure. Le futur époux file chez le médecin et engloutit des médicaments, avant de filer en mairie. "Il a serré les dents toute la matinée." Mais la traditionnelle coupe de champagne est fatale. A la fin de l'après-midi, l'époux malade doit rentrer chez lui. Et tant pis pour l'ouverture du bal.

On s'en doute, l'ambiance retombe un peu. "Les invités sont venus à la maison, mais ils étaient un peu gênés. Les gens se barraient ou avaient envie de partir, poursuit Sandrine. Quant à moi, j’avais peur de rester toute seule le jour de mon mariage." Monsieur termine finalement le mariage en tenue de jogging. "On en rigole aujourd'hui, mais c'était franchement horrible."

Afin de réparer cet acte manqué, le couple a organisé une nouvelle fête, un an après jour pour jour. L'adjoint au maire a joué le jeu et les enfants "étaient contents, car ils ont eu droit à deux cérémonies".

Quand on est trahi par le traiteur

La tenue et la santé ne font pas tout. Encore faut-il s'attacher les services de prestataires de confiance. Emilie Varet a appris que son traiteur lui faisait faux bond en sortant de la mairie, le 18 juin 2016, à Paris. Elle se trouvait dans la voiture qui la menait à la séance photo du mariage.

J'ai allumé mon téléphone et j'ai découvert des dizaines de messages. J'étais complètement paniquée. Mon père était dans une autre voiture et au feu rouge, je lui crie que c'est une catastrophe.Emilie Varetà franceinfo

Elle apprend que certains invités ont manqué la cérémonie en mairie pour tenter de dégotter un nouveau traiteur pour le dîner. Mission accomplie, contre une somme rondelette. L'oncle du mari, lui, en sera quitte pour un aller-retour chez un producteur de champagne, avec un détour chez le poissonnier d'une grande surface pour récupérer de la glace.

Après cette infortune, le couple découvre que d'autres mariés ont eux aussi été plantés par le même professionnel. Après une procédure judiciaire, ce dernier a été condamné à un an de prison avec sursis pour banqueroute, au mois d'avril dernier. Il n'aura pas à verser d'indemnisation, car le tribunal n'a pas retenu les faits d'escroquerie ou d'abus de confiance. Un coup dur pour Emilie. "Aujourd'hui encore, mon mari a du mal à en parler. Il en avait pleuré le soir-même. On n'a toujours pas fait d'album photos et on a du mal à regarder les vidéos."

Quand le marié préfère la demoiselle d'honneur

Parfois, le comportement des mariés eux-mêmes peut faire sombrer la fête dans le cauchemar. Un traiteur francilien est encore marqué par un mariage, organisé il y a quelques années, dans un domaine au milieu des cerfs. "C'était un très beau mariage, prévu pour 180 personnes. Mais une centaine de convives supplémentaires sont arrivés par petits groupes." L'époux en tient grief à sa femme, accusant sa famille d'être à l'origine de ces renforts non escomptés. "Pendant le dîner, il a jeté un verre en sa direction, qui s'est brisé et l'a entaillée sous la gorge."

Des cris résonnent dans une atmosphère tendue, tandis que la victime est évacuée par les pompiers aux urgences. "J'ai croisé l'homme dans l'escalier. Il a simplement dit : 'Elle m'a sali le costard'", se souvient le traiteur, encore frappé par la scène, quelques années après. La fête s'est tout de même poursuivie, en l'absence des mariés. Et le professionnel n'a jamais su ce qu'il était ensuite advenu du couple.

Et pour ceux qui en doutent, les infidélités et les histoires sentimentales n'observent pas de trêve pendant les noces. David, ingénieur du son, se souvient d'un "gros mariage" au pavillon Cambon, en fin d'année dernière, à Paris. Au programme, des interventions d'Hélène Ségara et de Kendji Girac, mais également un bar bien fourni. "Au cours de la soirée, vers 1h30, la mariée monte dans les tours et cherche son mari avec plusieurs copines, se souvient le professionnel. On voit aussi le mari, un peu alcoolisé, discuter avec une demoiselle d'honneur." Peu après, ces derniers vont disparaître de la fête, laissant l'épouse désespérément seule, assise dans un coin.

Le très chic pavillon accueille alors une pièce de boulevard. "La famille de la mariée cherchait le mari, en disant à la mariée de ne pas s'inquiéter, que les choses allaient s'arranger." Le père, lui, est "moins dans la conciliation", euphémise David, et cherche visiblement à en découdre avec le mari indélicat. Les convives finissent peu à peu par quitter les lieux. Que s'est-il passé ? Mystère. "Je ne connais pas le fond de l’histoire. C’était peut-être une simple embrouille, sans rien de tendancieux. Mais partir avec une demoiselle d’honneur le jour du mariage, c'est un peu fort."

Quand un drame endeuille les noces

Certaines histoires, enfin, sont plus douloureuses. Un traiteur de la région de Montpellier (Hérault) se souvient de ses rendez-vous avec une femme atteinte d'un cancer en phase avancé, qui organisait le mariage de sa fille. "Elle parlait librement de sa maladie", explique-t-il. Il découvre qu'elle est absente le jour J. "A l'apéritif, quelques invités s'interrogeaient. Pourquoi ne pas avoir avancé la date ?" La fête se déroule avec une pointe de tristesse et le lundi suivant, la mariée vient régler le dernier versement, effondrée. Sa mère s'était éteinte à l'hôpital la nuit du mariage. Elle venait tout juste d'obtenir une photo de la cérémonie.