Un tract contre le mariage des homos envoyé avec le bulletin de notes

L'initiative a choqué certains élèves ainsi que leurs parents. La direction de l'établissement se défend.

L\'institut Saint-Lô est situé à Agneaux, dans la Manche.
L'institut Saint-Lô est situé à Agneaux, dans la Manche. (FRANCE 3 BASSE-NORMANDIE)

Une lettre contre l'ouverture du mariage aux couples de même sexe avec le bulletin scolaire. C'est ce qu'ont reçu les 1 700 familles d'élèves, de la maternelle aux classes post-bac, de l'Institut Saint-Lô à Agneaux (Manche), rapporte lundi 7 janvier France 3 Basse-Normandie. L'initiative a choqué certains parents ainsi que des élèves.

Le courrier a été envoyé aux familles fin décembre, avec le bulletin de notes du premier trimestre. Il s'agit du communiqué national de l'Association des parents d’élèves de l’enseignement libre (Apel) contre le mariage des homos. Une initiative de l'Apel de l'établissement soutenue par la direction de l'Institut. 

"L’Apel exprime son opposition ferme au projet de loi gouvernemental visant à permettre le mariage de personnes de même sexe", peut-on lire dans ce texte. Pointant une réforme qui risque d'"accroître le mal-être de beaucoup en déstabilisant l’un des repères majeurs de notre société", l'Apel estime que "l'union de deux personnes de même sexe n’est évidemment pas de même nature" qu'une relation hétérosexuelle. "Dénaturer le sens du mariage est un changement majeur, une rupture de civilisation", ajoute l'association, qui réclame "une véritable réflexion" sur le sujet.

"Elle où la tolérance, là ?"

Cette position tranchée et l'initiative de l'Apel a heurté certains élèves de terminale de l'Institut Saint-Lô. Le 3 janvier, ils ont ouvert un groupe "Contre le mariage triste" sur Facebook pour y dénoncer l'envoi du communiqué. Des parents d'élèves sont également choqués par les méthodes de l'Institut. "Pour moi, l'enseignement catholique essaie d'enseigner la tolérance et le respect. Elle où la tolérance, là ?", s'interroge Anne, parent d'élève au micro de France 3 Basse-Normandie, qui a recueilli d'autres témoignages.

De son côté, le responsable de l'Apel régionale réprouve cet envoi aux familles. "D'accord avec le ministre de l'Education nationale, il estime que ce débat n'a pas sa place dans un établissement scolaire", explique France 3 Basse-Normandie. Quant à la direction de l'Institut Saint-Lô, elle "regrette ce qui est en train de se passer", selon des propos rapportés par La Manche libre. "Je pense qu'on aurait pu en discuter avec les élèves, qu'ils auraient pu venir me voir, cela aurait été plus bénéfique. Pour l'heure, je ne sais pas ce qu'on peut garder de tout cela", estime le directeur de l'établissement, Laurent Lechapelays.