Mariage pour tous : soixante-dix opposants placés en garde à vue puis relâchés

Ils ont été interpellés pendant la nuit devant l'Assemblée nationale alors qu'ils comptaient y installer une dizaine de tentes.

L\'Assemblée nationale à Paris, le 4 février 2013. Le projet de loi sur le mariage pour tous doit y revenir en deuxième lecture le 23 avril.
L'Assemblée nationale à Paris, le 4 février 2013. Le projet de loi sur le mariage pour tous doit y revenir en deuxième lecture le 23 avril. (JOEL SAGET / AFP)

Les soixante-dix opposants au mariage pour tous placés en garde à vue après avoir été interpellés dans la nuit devant l'Assemblée nationale, à Paris, ont été libérés lundi 15 avril dans l'après-midi. Ces manifestants, qui se réclament de l'organisation le Camping pour tous, comptaient installer une dizaine de tentes, a expliqué la police. 

Ils ont été interpellés pour "non dispersion après sommation", un délit passible d'un an d'emprisonnement et 15 000 euros d'amende. Ces militants souhaitaient protester contre l'agression d'un militant UMP, samedi à Paris. Cette attaque n'est pas liée aux engagements du jeune homme, contre l'ouverture du mariage aux homosexuels. Pourtant, de nombreux militants partageant les positions de la victime, laissent entendre que cette agression ne doit rien au hasard.

"Nous ne sommes plus dans un pays démocratique"

A quelques jours de l'examen du projet de loi en seconde lecture à l'Assemblée nationale, le 23 avril, les opposants au mariage pour tous multiplient les opérations spectaculaires, plus ou moins coordonnées, et leurs porte-parole alimentent l'escalade verbale.

Ainsi, le collectif la Manif pour tous accuse, dans un communiqué, François Hollande et le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, de mettre en place une "police politique". "La France est manifestement dirigée par un clan aux méthodes de régime policier."  De son côté, Frigide Barjot, figure de proue du collectif, nie jeter de l'huile sur le feu et attiser les attitudes belliqueuses de certains opposants : "Je n'appelle pas à verser le sang, je dis justement que c'est le président de la République qui en veut. (...) Nous ne sommes plus dans un pays démocratique", déclare-t-elle dans un entretien au quotidien gratuit Metro.

Les premières actions coup de poing d'opposants ont commencé après la manifestation nationale du 24 mars, avec l'appel à des actions plus radicales lancé par le Printemps français, plus marqué à droite que La Manif pour tous, le principal collectif d'opposition.