Manifestations des policiers : "Ce ne sont pas les peines qui posent problème, c'est le fonctionnement des appareils", estime Dominique Raimbourg

L'avocat pénaliste et administrateur de l'Association nationale de la justice réparatrice a réagi à la manifestation des policiers qui a eu lieu ce mercredi. 

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Radio France
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Dominique Raimbourg en 2016 à l'Assemblée nationale.  (CHRISTOPHE MORIN / MAXPPP)

Les policiers ont manifesté mercredi 19 mai devant l'Assemblée nationale à Paris. Leurs syndicats réclament davantage de sévérité pour les "agresseurs des forces de l'ordre". "Ce ne sont pas les peines qui posent problème, c'est le fonctionnement des appareils", a estimé ce jeudi sur franceinfo Me Dominique Raimbourg, avocat pénaliste et homme politique, administrateur de l'Association nationale de la justice réparatrice.

franceinfo : Que pensez-vous des revendications ?

Dominique Raimbourg : Il y a une partie du problème qu'il faut décrypter. La police est confrontée, à mon avis, au fait qu'elle est beaucoup trop mise en avant. On lui demande de régler la question des cités difficiles, où tous les services publics ont déserté, et on fait appel à la police pour rétablir un ordre qui n'est plus. Le deuxième point c'est que ce n'est pas vrai que ce sont les peines prononcées qui posent problème. On a un problème institutionnel grave et il ne faut pas retomber dans le piège qui consiste à opposer les libertés et la sécurité. Les deux doivent travailler ensemble.

Les policiers de terrain sont-ils sur la même ligne que les syndicats ?

Il y a plusieurs syndicats et tous ne sont pas sur cette longueur d'onde. La solution ce n'est pas de penser que ce sont les peines qui posent problème, c'est le fonctionnement des appareils qui posent problème. Il faut prévoir un rattrapage budgétaire, mais cela demandera une dizaine d'années, et une dé-juridictionnalisation, c'est-à-dire de traiter un certain nombre de dossiers en dehors de l'appareil judiciaire. Prenons la conduite sous l'empire de l'alcool, sans accident, sans blessé, sans tué, cela représente 90 000 dossiers sur les 600 000 condamnations prononcées par les tribunaux correctionnels. Cela fait déjà l'objet d'une répression par le préfet qui suspend le permis et retire des points. En quoi est-il nécessaire pour la première conduite d'aller en plus convoquer les gens devant le tribunal ? On pourrait gagner environ 60 000 dossiers.

Faut-il de nouvelles lois ?

Non, il y a besoin de nouveaux fonctionnements et de nouveaux moyens. Les policiers, il faudrait les associer au suivi des sortants, non pas pour qu'ils donnent leur avis sur les peines, mais pour qu'ils soient associés à la surveillance d'un certain nombre de délinquants dont on peut penser que les risques de récidive sont assez importants.

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