Vidéo Levée de l’anonymat des dons de gamètes : "Je veux compléter la pièce qui manque", témoigne Élodie née d’un don de spermatozoïdes

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La loi bioéthique impose désormais aux donneurs de gamète d'autoriser la communication de son identité à la majorité de l'enfant né du don. Une commission est également mise en place pour retrouver les donneurs antérieurs.

Jeudi 1er septembre 2022, les règles encadrant les dons de gamètes évoluent. Désormais, les enfants issus de ces dons pourront, à leur majorité, connaître l’identité de leur donneur. "Ces donneurs devront donner leur consentement au moment du don", précise sur franceinfo Alexandre Mercier, président de l’association PMAnonyme. "Et ceux qui sont nés avant septembre 2022 pourront saisir la commission qui pourra alors contacter le donneur pour savoir s’il souhaite ou non communiquer son identité", complète-t-il.

Alexandre Mercier lui-même est né grâce à un don de spermatozoïdes.

"Je ne l’ai appris qu’à 33 ans alors que mes deux parents étaient déjà décédés."

Alexandre Mercier, né d'un don de sperme

à franceinfo

"Par hasard, en triant des papiers je suis tombé sur un spermogramme de mon père qui indiquait qu’il était infertile", se souvient Alexandre Mercier. "À l’époque, dans les années 1980, la vision société était complètement différente à celle d’aujourd’hui, c’était un sujet tabou", explique-t-il, justifiant le silence de ses parents. "Passionné de généalogie", il s’est alors mis à enquêter.

"À l’époque, il n’y avait pas encore de possibilités de le faire par la loi, seuls les tests dits récréatifs permettaient de faire ça", se remémore le président de PMAnonyme. Au bout de neuf mois "d’une enquête tumultueuse, j’ai réussi à tomber sur cet homme. Il y a eu tout un jeu de questions-réponses, ce que je cherchais, je l’ai beaucoup rassuré. Je cherchais des informations sur les traits de mon visage, son histoire, ses goûts, etc.", explique Alexandre Mercier. Un homme aujourd’hui qui compte pour lui, "même s’il est difficile de dire qu’il est de ma famille".

"J’aimerais lui dire merci"

Combat identique pour Élodie, 31 ans, qui est également née grâce à un don de sperme. "Je l’ai appris le jour de la fête des pères. Mon père avait une maladie génétique et je voulais savoir si j’en étais porteuse et ce qui a poussé mes parents à révéler cette information", raconte Élodie, qui se remémore combien elle a été choquée. "J’ai eu la chance que mes parents puissent m’expliquer leur parcours, et j’ai compris que ça a été un moment difficile pour eux. À l’époque, il n’y avait pas de soutien", ajoute la jeune femme sur franceinfo.

Depuis trois ans, elle est donc partie à la recherche de "son donneur". Élodie va pouvoir, dès que le formulaire de demande sera disponible, saisir la commission. "J’aimerais lui dire merci : merci d’avoir fait ce don qui a permis à mes parents d’avoir la famille qu’il souhaitait, qui a permis que j’existe. J’aimerais aussi lui poser des questions : sur ses antécédents médicaux, sur l’histoire de sa famille, sur son histoire, savoir s’il a des enfants", souligne-t-elle, précisant qu’elle ne veut avoir aucun regret. "Compléter la pièce qui manque", conclut-elle.

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