Natation : la fédération américaine durcit son règlement après la percée d'une athlète universitaire transgenre

Le règlement américain imposera dorénavant un niveau limite de testostérone à ses athlètes.

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Lia Thomas, nageuse de l'université de Pennsylvania lors d'une compétition de l'Ivy League à Cambridge, le 22 janvier. (JOSEPH PREZIOSO / AFP)

La fédération américaine de natation, USA Swimming, va durcir son règlement pour les athlètes transgenres, en imposant un niveau limite de testostérone. Cette réponse fait suite à la polémique qui entoure la nageuse universitaire Lia Thomas, accusée d'être injustement avantagée parce que née homme. 

La polémique autour des très bons résultats en natation de cette étudiante de 22 ans avait à nouveau posé la délicate question de la place des sportifs transgenres, entre souci d'inclusion et protection de l'équité sportive. Début décembre, à Akron (Ohio), elle a réalisé les meilleures performances de l'année au niveau universitaire sur 200 yards (183 mètres) libre (1 min 41 sec 93") et sur 500 yards (457 mètres) libre (4 min 34 sec 06").

Cette décision pourrait barrer la route à la nageuse de l'université de Pennsylvanie pour les prochaines compétitions universitaires (NCAA) depuis que cette fédération a déclaré en janvier appliquer les règles édictées par USA Swimming. 

Une polémique politique

La polémique a aussi pris un tour politique aux États-Unis, où plusieurs États conservateurs ont récemment adopté des lois pour barrer la route des jeunes filles transgenres au sport féminin à l'école. "Nous interdirons aux hommes de participer à des compétitions féminines", avait lancé Donald Trump, le 15 janvier, lors d'un meeting dans l'Arizona.

La nageuse Lia Thomas avait pourtant respecté les règles de la NCAA, en se soumettant à un traitement de suppression de la testostérone d'un an. Mais certaines organisations, comme le Women's sports policy working group, ont jugé ces règles insuffisantes, notamment dans le cas où une athlète a entamé sa transition après la puberté.

Certains médias américains se sont faits l'écho d'un sentiment d'injustice ressenti par les coéquipières ou adversaires de Lia Thomas. Mardi, une partie de ses camarades lui a en revanche apporté son soutien dans une déclaration, en assurant que "les sentiments mis en avant par un membre anonyme de l'équipe" ne reflétait pas l'ensemble du groupe.

La testostérone, au coeur des débats

USA Swimming a précisé que des règles différentes s'appliqueront selon le niveau, élite ou non élite. Au niveau élite, la fédération évoque deux critères. D'une part, la "preuve que le développement physique antérieur de l'athlète, en tant qu'homme, et bien qu'atténué par toute intervention médicale, ne donne pas à l'athlète un avantage compétitif par rapport à ses concurrentes féminines cisgenres (personnes s'identifiant à leur sexe biologique de naissance, NDLR)". D'autre part, "la preuve que la concentration de testostérone dans le sérum de l'athlète a été inférieure à 5 nmol/L de façon continue pendant une période d'au moins trente-six mois avant la date de la demande".

La fédération internationale d'athlétisme (World Athletics) impose aussi des limites de testostérone (depuis 2019, moins de 5 nmol/l pendant douze mois). C'est sur cette base que l'athlète transgenre CeCe Telfer avait été exclue des sélections olympiques américaines, en juin 2021.

En novembre, le Comité International Olympique (CIO) a renvoyé la balle à chaque sport, en soulignant l'absence de "consensus scientifique sur le rôle de la testostérone dans la performance dans l'ensemble des sports". Cinq mois après la première participation aux JO d'été d'une sportive transgenre, en haltérophilie, la question reste un casse-tête pour les institutions sportives.

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