Les restes de victimes d'un médecin nazi découverts à Strasbourg inhumés

Les restes de plusieurs victimes du médecin nazi August Hirt ont été enterrés au cimetière israélite de Strasbourg. Réunis dans un seul cercueil, ils avaient été découverts cet été à la suite d'un livre-enquête du médecin et journaliste Michel Cymes. Les autorités universitaires avaient critiqué cette enquête avant de trouver les restes dans une pièce-musée de l'institut médico-légal.

(Des membres de la communauté juive de Strasbourg enterrant les restes de victimes du médecin nazi August Hirt, découverts cet été à l'université © SIPA/AP Photo/Christian Lutz)

Entouré des dirigeants de la communauté juive de Strasbourg, des représentants des autorités et d'autres personnalités comme la directrice du Centre du résistant déporté du Struthof, Michel Cymes, médecin et journaliste, présentateur du "Magazine de la santé" sur France 5, a regardé le simple cercueil de bois clair descendre en terre au cimetière israélite de Cronenbourg, à Strasbourg. C'est par lui qu'est arrivé le scandale cet été.

Découverte à l'institut médico-légal

Dans un livre enquête consacré aux médecins des camps de la mort, appuyé sur les travaux de l'historien Raphaël Toledano, il a relancé une vieille polémique sur la présence possible de restes de victimes du médecin nazi August Hirt quelque-part dans les locaux de l'université de Strasbourg. 86 victimes ont été identifiées. Mais les autorités universitaires et la communauté scientifique ont vivement critiqué l'ouvrage, écartant catégoriquement la présence de restes dans les murs de l'honorable institution. Jusqu'à ce qu'ils soient découverts, le 9 juillet, dans une pièce-musée de l'institut médico-légal de Strasbourg, rattaché à l'université.

Assassinés pour une "collection de squelettes"

Ces restes humains se trouvaient dans un bocal et deux éprouvettes. Il s'agit de cinq fragments de peau prélevés sur certaines des 86 personnes assassinées dans la chambre à gaz du camp du Struthof, dans les montagnes des Vosges, ainsi que des pelures de pommes de terre prélevées dans le tube digestif d'une victime. Hirt les a fait tuer pour se constituer une "collection de squelettes". Ces fragments ont été prélevés à la Libération par un légiste français dans le but de prouver les causes de la mort de ces victimes et témoigner des crimes et atrocités commis par les nazis.