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Yves Bertrand "n'a jamais rencontré Lahoud"

L'ancien patron des Renseignements généraux a assuré lundi qu'il n'avait "jamais rencontré" Imad Lahoud
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Yves Bertrand (© France 2)
L'ancien patron des Renseignements généraux a assuré lundi qu'il n'avait "jamais rencontré" Imad LahoudL'ancien patron des Renseignements généraux a assuré lundi qu'il n'avait "jamais rencontré" Imad Lahoud

Ce policier à la retraite est l'auteur de 23 carnets écrits entre 1998 et 2003 mettant à jour des éléments de la vie intime de personnalités.

Imad Lahoud, auteur présumé des faux listings de l'affaire, dit y avoir ajouté début 2004 les noms patronymiques de Nicolas Sarkozy dans le bureau d'Yves Bertrand. Ce dernier nie connaître Imad Lahoud.

"On se dirait dans le film Louis la Brocante"


"C'est une fable totale et rocambolesque. (...) Je n'ai jamais rencontré Lahoud ni dans mon bureau ni ailleurs et je le souligne avec force", a tonné le retraité, dont les carnets ont défrayé la chronique.

Selon M. Lahoud, cette rencontre aurait eu lieu "en mars 2004, alors que je suis parti en retraite en janvier", s'est étonné Yves Bertrand, au dernier jour des débats, avant le début des plaidoiries mardi.

De son côté, Imad Lahoud, que l'on soupçonne d'avoir falsifié les listings Clearstream, a "confirmé" sa version, disant même avoir rencontré "trois fois" M. Bertrand là où ce dernier dit ne pas le connaître.

Cette réunion s'est déroulée "en présence de M. Bertrand et de M. Gergorin (l'ancien vice-président d'EADS, ndlr), nous étions tous les trois, ça a duré 15-20 minutes", a soutenu l'agrégé de mathématiques.

"J'infirme totalement les propos de M. Lahoud, (...) je n'ai jamais ajouté des noms en sa compagnie sur les faux listings", a répondu Yves Bertrand.

"Je ne suis jamais allé ni seul ni accompagné d'Imad Lahoud dans le bureau d'Yves Bertrand que je vois pour la première fois aujourd'hui", a renchéri M. Gergorin.

Interrogé par le président Dominique Pauthe, Yves Bertrand a par ailleurs réaffirmé n'avoir jamais entendu parler de l'affaire Cleastream avant qu'elle ne sorte dans les médias en juillet 2004.

"Dans cette affaire, tout est de bric et de broc, on se dirait dans le film Louis la Brocante", s'est amusé l'ancien patron des RG.

L'enquête a en revanche établi qu'Imad Lahoud a rencontré fréquemment Brigitte Henri, commissaire des RG et proche d'Yves Bertrand, durant la période où l'affaire a pris naissance en 2003-2004. Au procès, Imad Lahoud a été dans le sens de cette thèse.

Ce dernier a toujours nié être impliqué dans cette manipulation, dans laquelle des noms de personnalités, dont celui de Nicolas Sarkozy, avaient été ajoutés sur des listings bancaires afin de les discréditer en faisant croire qu'elles détenaient des comptes occultes.

Dès mardi, débutent les plaidoiries des parties civiles, avec en point d'orgue celle de l'avocat de Nicolas Sarkozy, Me Thierry Herzog, puis le réquisitoire mardi 20. A l'issue des plaidoiries de la défense, le jugement devrait ensuite être mis en délibéré à début 2010. L'ancien Premier ministre risque dans cette affaire jusqu'à 5 ans de prison et 45.000 euros d'amende.

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