Vers une levée de l'immunité parlementaire de l'eurodéputée Marine Le Pen ?

Le ministère de la Justice en a fait la demande au Parlement européen. Marine Le Pen est mise en cause pour ses propos de 2010 sur les prières de rue des musulmans. 

La présidente du Front national, Marine Le Pen, le 4 décembre 2012 à Paris. 
La présidente du Front national, Marine Le Pen, le 4 décembre 2012 à Paris.  (MARTIN BUREAU / AFP)

POLITIQUE – Marine Le Pen va-t-elle perdre son immunité liée à son statut de députée européenne ? C'est en tout cas ce qu'a demandé, mardi 11 décembre, le ministère de la Justice français au Parlement européen.

A l'origine : une plainte du Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (Mrap) pour "incitation à la haine raciale". Le 10 décembre 2010, Marine Le Pen, alors candidate à la présidence du Front national, avait comparé les prières de rue des musulmans à l'Occupation allemande de la France entre 1940 et 1945.

Les prières de rue, "une occupation du territoire"

Devant des adhérents du FN, elle avait déclaré : "Je suis désolée, mais pour ceux qui aiment beaucoup parler de la seconde guerre mondiale, s'il s'agit de parler d'occupation, on pourrait en parler pour le coup, parce que ça, c'est une occupation du territoire (...). C'est une occupation de pans du territoire, des quartiers dans lesquels la loi religieuse s'applique, c'est une occupation. Certes, il n'y a pas de blindés, il n'y a pas de soldats, mais c'est une occupation tout de même et elle pèse sur les habitants."

Mais, alors que la plainte du Mrap était en cours d'instruction, la présidente du Front national n'aurait pas répondu aux demandes du juge d'instruction, selon le bureau de Lyon de France 2. N'ayant aucun moyen coercitif contre une élue, le juge a donc fait demander la levée de son immunité parlementaire.