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Marseille. Pourquoi la BAC nord est accusée d'avoir fait tuer un indic

En 2008, un jeune dealer marseillais utilisé comme indic aurait été "balancé" par des policiers à ses assassins.

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France Télévisions
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Les restes de la voiture dans laquelle le corps calciné d'un jeune dealer marseillais a été retrouvé, criblé de balles, le 15 septembre 2008 à Vitrolles (Bouches-du-Rhônes). (MAXPPP)

BAC DE MARSEILLE - Nouveau scandale à la BAC nord de Marseille (Bouches-du-Rhône). Yassine Bouzrou, l'avocat de la famille d'un dealer de 21 ans assassiné en 2008, a déposé plainte, lundi 22 octobre, pour "complicité d'assassinat" contre des policiers de cette unité impliquée dans un scandale de corruption, rapporte Le Point mardi 23 octobre. Selon l'avocat, des policiers auraient fourni des renseignements de nature à favoriser l'assassinat de son client.

Acte 1 : l'indic participe à l'enquête sur une agression

En octobre 2006, un fait divers révolte la France. Une étudiante de 26 ans, Mama Galledou, est grièvement brûlée dans l'incendie volontaire d'un bus à Marseille, comme le raconte La Provence. Les auteurs de l'incendie sont activement recherchés. Les policiers s'appuient alors sur un indicateur, un dealer baptisé Lyes G., d'après Le Point. Ce dernier permet l'interpellation des suspects. En échange de ces informations, le jeune homme obtient de la police de bénéficier d'indulgence dans son trafic. Il est enregistré comme informateur et numéroté au bureau central des sources du Service interministériel d'assistance technique (Siat).

Acte 2 : il est assassiné

Le 14 septembre 2008, Lyes G. reçoit un appel sur son portable. Un homme se recommandant du patron de la BAC nord lui donne rendez-vous au commissariat central, selon Le Point. Son cadavre est retrouvé quelques heures plus tard près de Vitrolles, criblé de balles et calciné, dans le coffre d'une BMW volée, comme le décrit La Provence. Une information judiciaire est ouverte par le parquet d'Aix-en-Provence.

Acte 3 : le scandale de la BAC nord relance l'enquête

Les récentes mises en examen de policiers de la brigade anticriminalité des quartiers nord de Marseille, poursuivis pour corruption, ont, selon Me Yassine Bouzrou, permis de comprendre les circonstances de la mort de Lyes G. Trois policiers ont déclaré sur procès-verbal que le nom de l'informateur avait été "balancé" par leurs collègues à d'autres délinquants. "L'une des thèses que nous explorons en ce moment, c'est que mon client refusait d'être racketté par certains membres de la BAC nord et que ce refus aurait pu conduire des policiers à le faire éliminer", a confié Yassine Bouzrou à France Info.

Identifié comme un indicateur de la police, le jeune homme aurait donc été assassiné par des individus qui se seraient servis des renseignements fournis par la BAC nord pour lui tendre un guet-apens mortel. 

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