Travailleurs au noir employés par l'Etat : le ministère de la Justice "doit être exemplaire"

France Info vous le révélait mardi soir. L'Etat emploie près de 48.000 personnes en quasi-situation de travail au noir. Comble de l’histoire, une très grande partie de ces agents travaillent même pour le ministère de la Justice. Françoise Martres, présidente du Syndicat de la magistrature, estime que le problème est connu "depuis très longtemps".

(Pour Françoise Martres, la présidente du Syndicat de la magistrature, "le ministère de la Justice doit être exemplaire" © Reuters)

France Info vous l'a révélé mardi soir. Selon un rapport, l'Etat et surtout le ministère de la Justice emploie près de 48.000 personnes en quasi situation de travail au noir. Ces travailleurs sont pudiquement appelés les COSP : les Collaborateurs occasionnels du service public. Ils sont médecins-experts, interprètes, enquêteurs de personnalité, voire délégués du procureur.

Si la situation peu faire bondir, elle n’étonne pas Françoise Martres, présidente du Syndicat de la magistrature qui explique que "c’est quelque chose dont on parle depuis très longtemps. C’est un problème récurrent mais cela ne veut pas dire que le ministère de la Justice ne doit pas être en règle avec ses obligations sociales. "

Corvéable à merci

Les Collaborateurs occasionnels du service public sont, comme leur dénomination l’indique, des personnes qui concourent de manière occasionnelle à l’œuvre de justice. Elles "sont désignées par des magistrats ou des policiers et il faut ensuite les rémunérer. C’est un statut d’extrême précarité, " confirme Françoise Martres. A la fin du mois, ces travailleurs n'ont pas de fiche de paye, pas même une facture, pas ou peu de couverture sociale. Certains sont payés "de la main à la main ".

"Cela pose des problèmes pour certaines catégories de personnes, notamment les interprètes-traducteurs, qui, dans certains tribunaux, sont là toute la journée pour remplir leur mission, qui sont dépendants financièrement du ministère de la Justice, n’ont pas de statut, pas de couverture sociale, pas d’assurance chômage et sont corvéables à merci parce que l’on en a besoin. "

Vers une régularisation ?

Sans ces COSP les juridictions ne peuvent pas fonctionner, mais pourtant ils peuvent être remerciés du jour au lendemain si l’on estime qu’ils ne remplissent pas bien leur mission, explique Françoise Martres, présidente du Syndicat de la magistrature. "Le ministère de la Justice doit être exemplaire et il faut régler tout cela, " insiste-t-elle. La ministre de la Justice, Christiane Taubira, a annoncé qu’un décret était en préparation. De son côté, le Syndicat de la magistrature soutiendra les démarches de régularisation. 

L'emploi de travailleurs au noir par l'Etat est un "problème récurrent", explique Françoise Martres, présidente du Syndicat de la magistrature
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